Arabie saoudite, quatre Ouïghours, dont une adolescente, risquent d’être expulsés et torturés en Chine

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Les autorités saoudiennes doivent libérer immédiatement quatre Ouïghour·e·s – dont une adolescente de 13 ans et sa mère – qui risquent fort d’être conduits dans des camps d’internement répressifs s’ils sont renvoyés en Chine, a déclaré Amnesty International le 4 avril 2022, craignant que l’expulsion du groupe ne soit déjà en train d’être planifiée.

Buheliqiemu Abula et sa fille adolescente ont été arrêtées près de La Mecque le 31 mars et la police leur a dit qu’elles risquaient d’être expulsées vers la Chine avec deux hommes ouïghours déjà détenus, selon un message reçu par les amis de Buheliqiemu Abula.

Il s’agit de l’ex-épouse de Nuermeiti Ruze qui est détenu sans inculpation en Arabie saoudite, tout comme Aimidoula Waili, depuis novembre 2020.

« Expulser ces quatre personnes – dont une mineure – vers la Chine, où les Ouïghours et d’autres minorités ethniques sont confrontés à une campagne d’internements en masse, de persécution et de torture, serait une violation flagrante du droit international, a déclaré Lynn Maalouf, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Le temps semble compté pour sauver ces quatre Ouïghours d’une extradition catastrophique et il faut que des gouvernements ayant des relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite interviennent sans attendre et engagent les autorités de Riyadh à respecter leurs obligations et à mettre un terme aux expulsions. »

Le dignitaire religieux Aimidoula Waili et son ami Nuermaimaiti Ruze sont détenus en Arabie saoudite depuis novembre 2020 sans explication. Des membres de la famille de ces deux Ouïghours ont déclaré à Amnesty International le mois dernier qu’ils ont tous deux été transférés de Djedda à Riyadh, puis de nouveau à Djedda, le 16 mars – une mesure qui, selon eux, indique leur extradition imminente vers la Chine.

Buheliqiemu Abula a pu rester régulièrement en contact avec son ex-mari Nuermaimaiti Ruze jusqu’à il y a deux semaines. La dernière fois qu’elle a reçu un appel téléphonique de lui, c’était le 20 mars : il lui a raconté qu’il avait dit aux autorités saoudiennes qu’Aimidoula Waili et lui-même « préféraient mourir ici plutôt qu’être renvoyés en Chine ».

Il semble que Buheliqiemu Abula et sa fille aient désormais été arrêtées et soient elles aussi sous le coup d’une menace d’expulsion.

« L’Arabie saoudite est tenue de ne pas renvoyer des personnes dans un pays où elles risqueraient d’être soumises à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à la persécution et à d’autres violations graves des droits humains »

En vertu du principe de non-refoulement inscrit dans le droit international coutumier et en tant qu’État partie à la Convention des Nations Unies contre la torture, l’Arabie saoudite est tenue de ne pas renvoyer des personnes dans un pays où elles risqueraient d’être soumises à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à la persécution et à d’autres violations graves des droits humains.

« Le gouvernement saoudien doit renoncer à toute mesure d’extradition visant les quatre Ouïghours vers la Chine et les libérer immédiatement, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction prévue par le droit international, a déclaré Lynn Maalouf.

« Les alliés stratégiques de l’Arabie saoudite, tels que les États-Unis et le Royaume-Uni, ne doivent pas rester les bras croisés alors qu’elle ignore délibérément le droit relatif aux droits humains. La communauté internationale doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher l’extradition illégale de Ouïghour·e·s vers la Chine. »

En juin 2021, Amnesty International a publié un rapport révélant que des centaines de milliers d’hommes et de femmes musulmans dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine sont soumis à des détentions massives arbitraires, à l’endoctrinement et à la torture.

En mars 2021, une autre recherche d’Amnesty International révélait que les enfants des personnes détenues dans les camps d’internement sont souvent envoyés dans des « camps pour orphelins » gérés par l’État, où ils sont endoctrinés et séparés de leurs parents.

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