Arabie Saoudite : toujours pas de réels « signes de justice »

Six mois après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, la question de justice ou d’obligation de rendre des comptes au niveau international est balayée au nom de la coopération en matière de sécurité, de relations commerciales lucratives et de contrats d’armement.

Six mois après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, Samah Hadid, directrice des campagnes pour le Moyen-Orient à Amnesty International, a déclaré :

« Six mois après l’exécution extrajudiciaire de Jamal Khashoggi, toujours aucun signe réel de justice ou d’obligation de rendre des comptes au niveau international. Il est clair que la question est balayée sous le tapis par les autorités saoudiennes et les gouvernements étrangers au nom de la coopération en matière de sécurité, de relations commerciales lucratives et de contrats d’armement. »

« Le procès intenté par les autorités saoudiennes contre 11 suspects manque de crédibilité et de transparence. Il est scandaleux d’apprendre que certains gouvernements dont les diplomates assistent au procès de ces responsables présumés ont préféré taire les inquiétudes quant à l’équité de la procédure, d’autant que le parquet a requis la peine capitale contre certains accusés. Contrairement aux représentants de gouvernements étrangers, les organismes indépendants de surveillance et les médias n’ont pas été autorisés à assister au procès qui s’est déroulé à huis clos, ce qui est très préoccupant. Dans ces conditions inacceptables, la présence de diplomates risque d’être perçue comme la légitimation d’un procès potentiellement marqué par des irrégularités. »

« Étant donné le manque de transparence de la part des autorités saoudiennes et en l’absence d’une justice indépendante, le seul moyen d’éviter que cette affaire ne soit étouffée consiste à diligenter une enquête internationale, indépendant et impartiale. »

« L’Arabie Saoudite présente un bilan déplorable en termes de droits humains. Nous invitons les autorités du pays à mettre fin aux violations systématiques des droits humains et à autoriser les militants, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les détracteurs à exprimer librement leurs opinions, sans craindre d’être victimes d’exécutions extrajudiciaires, de détentions arbitraires ou d’autres violations flagrantes de leurs droits fondamentaux. »

Complément d’information

Le 2 octobre 2018, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été assassiné au consulat saoudien d’Istanbul, en Turquie. Il aurait été étranglé peu après être entré dans le bâtiment, mais on ignore encore précisément ce qui s’est passé, les autorités saoudiennes mêlant allégations, démentis et dénégations, notamment sur le lieu où se trouve son corps. Actuellement, 11 suspects seraient jugés pour ce meurtre devant le tribunal pénal spécial, à Riyadh.

Amnesty International a lancé une campagne appelant le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à ordonner une enquête indépendante sur la mort de Jamal Khashoggi le 2 octobre 2018.

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