Belgique, La lutte contre les violences sexuelles doit être une priorité capitale

Violences sexuelles Belgique

Suite à la parution dans les médias des résultats d’une enquête menée par l’université de Gand, l’université de Liège et l’Institut national de criminalistique et de criminologie sur les violences sexuelles en Belgique, Amnesty International rappelle avec insistance la priorité capitale que doit représenter pour les autorités — fédérales, communautaires et régionales — la lutte contre ce fléau.

« Les chiffres que cette enquête met en évidence sont terribles et viennent renforcer les résultats obtenus par Amnesty en 2020 par le biais d’un sondage sur le viol et les violences sexuelles en Belgique, explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. Si, depuis lors, des avancées ont été enregistrées, il est indispensable que nos autorités fassent plus, mieux et plus rapidement. »

Amnesty International insiste notamment sur la nécessité de lutter contre l’impunité du viol et sur la publication de données statistiques, y compris le taux de condamnation pour viol. L’organisation rappelle également l’importance de renforcer la formation de base et continue des acteur·rice·s de première ligne, y compris les policier·ère·s et le magistrat·e·s, ainsi que celle de la collecte de données statistiques genrées, afin de garantir la mise en place de politiques de prévention efficaces.

« Tout cela ne peut bien entendu se faire sans des moyens adéquats ; c’est pourquoi nous appelons une nouvelle fois à la mise en place d’un budget spécifique, suffisant, transparent et pérenne pour garantir l’efficacité de de cette lutte, à court et à long terme, contre les violences sexuelles dont le Premier ministre, Alexander De Croo, nous a assuré qu’elle constituait une priorité pour son gouvernement », conclut Philippe Hensmans.

Amnesty International compte notamment sur le nouveau Plan d’action national de lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre (PAN), actuellement en cours de préparation, pour fournir un détail des mesures concrètes et suffisamment budgétisées afin de mettre pleinement en œuvre la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe — signée et ratifiée par la Belgique —, un dispositif européen contraignant qui a pour objectif d’engager les États parties à lutter contre les violences faites aux femmes.

Complément d’information

Le 5 mars 2020, Amnesty et SOS Viol ont rendu publics les résultats d’un sondage commandé à l’Institut Dedicated sur le viol et les violences sexuelles en Belgique, révélant des résultats alarmants. Était ainsi mis en évidence qu’une femme sur cinq avait été victime de viol, que la catégorie des 15-24 ans était la plus touchée par les violences sexuelles et que seules 14 % des femmes qui avaient porté plainte pour des faits de violence sexuelle se déclaraient satisfaites de cette démarche.

Face à la gravité de la situation, Amnesty International et SOS Viol ont lancé une grande campagne, qui se poursuit toujours, et qui a notamment abouti à la remise au Premier ministre, le 8 mars dernier, de plus de 50 000 signatures d’une pétition demandant à la Belgique de mieux lutter contre contre les violences sexuelles. Parallèlement, diverses activités de plaidoyer et de sensibilisation ont toujours lieu, notamment via la campagne #JDIWI, dont le but est de sensibiliser en priorité les garçons et les jeunes hommes de 15 à 25 ans à la notion de consentement.

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