Cuba, Amnesty demande la libération de prisonniers d’opinion

Cuba San Isidro

L’artiste cubain Luis Manuel Otero Alcántara et l’universitaire Anamely Ramos González sont deux prisonniers d’opinion détenus en raison uniquement de leurs convictions et doivent être autorisés à communiquer avec le monde extérieur et libérés.

Ces deux membres du mouvement San Isidro, regroupant des artistes et des militant·e·s, ont été arrêtés en même temps que d’autres membres du mouvement entre le 26 novembre au soir et le 27 novembre au matin, à la suite d’une descente de police effectuée au siège du mouvement, dans la municipalité de La Habana Vieja. Bien que la plupart des personnes arrêtées aient été reconduites chez elles et, d’après les informations qu’Amnesty International a pu obtenir, placées sous surveillance, Luis Manuel Otero Alcántara et Anamely Ramos González restent détenus au secret, sans pouvoir communiquer avec le monde extérieur, et les raisons de leur détention n’ont pas été communiquées.

D’après le journal officiel de Cuba, les autorités ont effectué la descente [1] en raison de violations présumées des protocoles sanitaires liés au COVID-19.

Des membres du mouvement menaient une grève de la faim ces derniers jours pour demander la libération de Denis Solís González, un autre membre du mouvement qui a été condamné à huit mois d’emprisonnement pour « outrage ». Cette infraction n’est pas reconnue par les normes internationales et Denis Solís González doit donc être libéré immédiatement.

« Il se peut que ces militant·e·s soient irrévérencieux, il se peut qu’ils critiquent les autorités d’une manière qui leur déplait, et ils ont généré une très forte attention internationale cette semaine par leur militantisme pacifique et leur utilisation des réseaux sociaux, mais quel type d’État essaie d’écraser les opinions en privant impitoyablement des personnes de leur droit à la liberté d’expression ? », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice d’Amnesty International pour la région Amériques.

Déjà en mars 2020, Amnesty International avait désigné comme prisonnier d’opinion Luis Manuel Otero Alcántara, figure de proue du mouvement s’opposant au décret 349, une loi dystopique qui sert à censurer les artistes. Au moment de son arrestation le 26 novembre au soir, il menait une grève de la faim.

« Il se peut que ces militant·e·s soient irrévérencieux, il se peut qu’ils critiquent les autorités d’une manière qui leur déplait, et ils ont généré une très forte attention internationale cette semaine par leur militantisme pacifique et leur utilisation des réseaux sociaux, mais quel type d’État essaie d’écraser les opinions en privant impitoyablement des personnes de leur droit à la liberté d’expression ? »

D’après les informations de l’ONG Cubalex, lorsque les autorités ont arrêté Luis Manuel Otero Alcántara après la descente, elles ont refusé de le reconduire au siège du mouvement, où il vit, et on ignore où il se trouve.

Anamely Ramos González, une universitaire, a été vue dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook [2] quelques minutes avant son arrestation par la police. Elle avait dans un premier temps également été arrêtée lors de la descente, puis libérée et placée sous surveillance chez elle, mais elle a été de nouveau arrêtée lorsqu’elle a essayé de quitter son domicile le 27 novembre au matin.

Complément d’information

Amnesty International s’est déjà déclarée préoccupée par le fait que le décret 349 risque d’avoir un effet dissuasif sur les artistes à Cuba, ce qui les empêcherait de mener leur travail légitime, de peur des représailles.

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