Éthiopie, Il faut protéger les civils lors de l’offensive sur Mekele

Éthiopie Tigré

Le conflit dans la région éthiopienne du Tigré est au bord d’une escalade meurtrière depuis que le Premier ministre, Abiy Ahmed, a donné 72 heures aux combattants soutenant le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) pour se rendre avant que l’armée lance un assaut contre la capitale du Tigré, Mekele. Amnesty International appelle toutes les parties au conflit à donner la priorité à la protection des civils et à permettre l’accès des observateurs des droits humains et des organisations humanitaires à la région.

« Le conflit au Tigré a déjà fait des centaines de morts et encore plus de blessés parmi la population civile et forcé des milliers de personnes à fuir dans des camps de réfugiés au Soudan voisin. Alors que l’armée fédérale éthiopienne commence à se préparer pour assiéger Mekele, Amnesty International rappelle à toutes les parties que le droit international humanitaire interdit d’attaquer délibérément des civils et des biens de caractère civil et que ces faits constituent donc des crimes de guerre. Les attaques disproportionnées et menées sans discrimination sont également prohibées, a déclaré Deprose Muchena, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.

« En plus de respecter cette interdiction, les commandants de l’armée nationale éthiopienne et du TPLF doivent mettre en place des mesures actives pour protéger les civils lors de tout combat, notamment en prenant toutes les précautions possibles pour éviter de blesser des civils et d’endommager des infrastructures civiles et en s’abstenant de placer des installations militaires et des troupes à proximité des lieux où se concentre la population civile. »

« Le conflit au Tigré a déjà fait des centaines de morts et encore plus de blessés parmi la population civile et forcé des milliers de personnes à fuir dans des camps de réfugiés au Soudan voisin. Alors que l’armée fédérale éthiopienne commence à se préparer pour assiéger Mekele, Amnesty International rappelle à toutes les parties que le droit international humanitaire interdit d’attaquer délibérément des civils et des biens de caractère civil et que ces faits constituent donc des crimes de guerre. »

Amnesty International s’inquiète d’autant plus des risques de pertes civiles que le porte-parole de l’armée, le colonel Dejene Tsegaye, a déclaré à la télévision publique :

« Nous voulons adresser un message aux habitants de Mekele : sauvez-vous des attaques d’artillerie et libérez-vous de la junte [...]. Après cela, il n’y aura pas de pitié. »

Amnesty International demande à toutes les parties au conflit de :

  • ne pas viser des installations civiles telles que des hôpitaux, des établissements scolaires ou religieux et des quartiers résidentiels ;
  • éviter de placer des installations militaires, notamment des camps, à proximité de zones civiles ou dans celles-ci, et s’assurer de ne pas utiliser des civils comme « boucliers humains » ;
  • s’abstenir d’utiliser des armes explosives à large rayon d’impact, comme les obus d’artillerie et de mortier et les missiles non guidés, dans des zones urbaines densément peuplées ou à proximité d’autres lieux où se concentre la population civile ;
  • permettre aux organisations humanitaires de se rendre librement dans toute la région du Tigré, où l’accès de la population à l’aide humanitaire dont elle a grandement besoin est entravé depuis le début de l’offensive militaire, le 4 novembre ;
  • autoriser les observateurs des droits humains à accéder à la région du Tigré ;
  • solliciter l’aide d’acteurs régionaux et internationaux pour que des enquêtes en bonne et due forme soient menées sur les atteintes aux droits humains et les violations du droit international humanitaire ;
  • rétablir immédiatement les communications téléphoniques et électroniques dans le Tigré afin de respecter le droit à la liberté d’expression.
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