Inde, La violence alimentée par les discours haineux nécessite une action immédiate

Les responsables politiques indiens qui attisent la haine et créent un climat violent en tenant des propos haineux doivent être immédiatement amenés à rendre des comptes.

« Huit personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées lors des émeutes qui ont éclaté dans le nord-est de New Delhi. Ces violences ainsi que celles qui se sont déroulées auparavant au sein des universités Jamia Millia Islamia et Jawaharlal Nehru ont été précédées par les discours haineux prononcés par des responsables politiques. Plusieurs élus, aussi bien des ministres nationaux comme Anurag Thakur que des chefs de gouvernement d’États comme Yogi Adityanath, ont appelé la population à abattre les “traîtres” et à se venger. Il est choquant que, depuis décembre 2019, pas un seul d’entre eux n’ait été poursuivi pour avoir prôné la haine et la violence. En février 2020, un ministre du Karnataka a appelé à l’adoption d’une loi autorisant la police à tirer à vue sur les manifestants. C’est l’impunité persistante dont bénéficient les responsables politiques qui encourage ces derniers et d’autres acteurs non gouvernementaux à alimenter la violence. On le voit bien lorsque des émeutiers publient sur les réseaux sociaux des vidéos disant “de di azaadi” (“nous leur avons donné la liberté”) après s’être livrés à des tirs ou d’autres attaques contre les personnes qui s’opposent à la Loi modifiée sur la citoyenneté (CAA) et au Registre national des citoyens (NRC). La veille des émeutes à Delhi, un dirigeant du Parti du peuple indien Bharatiya Janata (BJP), Kapil Mishra, a lancé un ultimatum à la police de la ville pour qu’elle évacue le site occupé par des manifestants pacifiques à Jaffrabad.

« Plusieurs élus, aussi bien des ministres nationaux comme Anurag Thakur que des chefs de gouvernement d’États comme Yogi Adityanath, ont appelé la population à abattre les “traîtres” et à se venger »

« Le silence du Premier ministre à l’égard des discours haineux tenus par des responsables politiques depuis décembre 2019 est assourdissant. Le Premier ministre doit montrer la voie à suivre et les condamner sans équivoque. Une enquête indépendante et impartiale doit également être menée dans les meilleurs délais sur ces propos qui ont conduit et conduisent encore à des violences. Cette impunité prolongée doit cesser immédiatement », a déclaré Avinash Kumar, directeur d’Amnesty International Inde.

Complément d’information

Le 22 février, des manifestants pacifiques ont occupé une portion de la route aux abords de la station de métro Jaffrabad, dans le nord-est de New Delhi. Ils protestaient contre la Loi modifiée sur la citoyenneté (CAA) et le Registre national des citoyens (NRC)

Le 23 février, Kapil Mishra, dirigeant du Parti du peuple indien Bharatiya Janata (BJP), a tenu un discours provocateur et donné trois jours à la police de Delhi pour évacuer les manifestants à Jaffrabad.

Des affrontements ont éclaté les 23 et 24 février. Au moins sept personnes ont été tuées dans ces émeutes.

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