Le vrai problème, c’est la politique meurtrière de Rodrigo Duterte

En réaction à l’annonce par le président des Philippines Rodrigo Duterte et par la police de la suspension des opérations de lutte contre la drogue, Tirana Hassan, directrice en charge de la réaction aux crises au sein d’Amnesty International, a déclaré :

« Alors même que la police a promis de mettre fin à ses opérations, le président Rodrigo Duterte s’est engagé à poursuivre sa “guerre contre la drogue”. Ces déclarations contradictoires ne laissent que peu d’espoir de voir la vague d’exécutions extrajudiciaires, qui a coûté la vie à plus de mille personnes par mois, prendre fin.

« Ce n’est un secret pour personne, la corruption est monnaie courante au sein de la police. Comme le montre notre rapport, publié mardi 31 janvier, les personnes chargées de faire respecter la loi et de maintenir l’ordre ont fabriqué des “preuves”, dérobé des objets au domicile des victimes et falsifié des rapports. En définitive, la responsabilité finale des actions de la police revient au plus haut niveau du gouvernement. Le problème ne vient pas de quelques mauvais policiers, mais de la politique meurtrière du gouvernement en matière de lutte contre les stupéfiants. »

Complément d’information

Le nouveau rapport d’Amnesty International, intitulé “If you are poor, you are killed” : Extrajudicial Executions in the Philippines’ “War on Drugs”, rend compte du fait que la police prend systématiquement pour cibles des personnes en général pauvres et sans défense à travers le pays, et fabrique des « preuves », recrute des escadrons de la mort, dévalise les victimes et rédige des rapports d’incidents mensongers.

Encouragés par la rhétorique du président Rodrigo Duterte, la police, des tueurs à gages qu’elle emploie et des individus armés non identifiés ont tué plus d’un millier de personnes par mois sous couvert d’une campagne nationale visant à éradiquer le trafic de drogue. Depuis que le président Rodrigo Duterte est entré en fonction il y a sept mois, plus de 7 000 personnes ont été tuées dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, la police étant directement responsable d’au moins 2 500 homicides de trafiquants présumés.

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