Nigeria, Amnesty International et d’autres demandent justice pour les victimes de disparitions forcées dans le Nord-Est

Une femme porte des paquets de nourriture pour les distribuer aux membres des familles des personnes disparues lors d'un événement marquant la Journée internationale des disparus à Yola, dans l'État d'Adamawaa au nord-est du Nigeria, le 30 août 2022.

Le gouvernement a reçu de notre requête déposée auprès de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a confirmé que nous demandions justice pour les cas de disparitions forcées enregistrés dans le nord-est du Nigeria.

« En laissant l’armée procéder à des milliers de disparitions forcées dans le Nord-Est du pays, en n’enquêtant pas par la suite de manière approfondie sur ces agissements et en ne déférant pas à la justice les responsables présumés, le gouvernement nigérian a violé ses obligations régionales et internationales en matière de droits humains et a manqué à son devoir envers les victimes, a déclaré Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria.

« La Cour de Justice de la CEDEAO constitue une des dernières chances d’obtenir justice pour les victimes de disparition forcée dans le Nord-Est du Nigeria et leurs familles, qui ont le droit de savoir ce que sont devenus ces êtres qui leur étaient chers. La Cour de la CEDEAO peut contribuer à ce que la justice soit rendue en qualifiant de violation des droits humains le fait que les autorités nigérianes n’ont pas engagé les enquêtes et les poursuites qui s’imposaient. »

« Nous nous félicitons de la réception de notre requête par le gouvernement nigérian, signifiant désormais qu’il s’agit d’une affaire à traiter et que le cas des victimes sera un jour réglé devant la justice. Mais il ne s’agit là que de la première étape. Nous demandons aux autorités nigérianes de collaborer étroitement avec la Cour tout au long de la procédure ; de mener une réelle enquête indépendante et impartiale sur tous les cas de disparition forcée dans le Nord-Est du Nigeria et, en présence d’éléments probants admissibles, d’engager des poursuites contre toute personne soupçonnée de responsabilité pénale en lien avec les disparitions. »

Complément d’information

Dans son rapport de 2015 Stars on their shoulders. Blood on their hands, Amnesty International concluait que les forces de sécurité nigérianes avaient commis des crimes de guerre et d’autres graves violations des droits humains, y compris des disparitions forcées, lors de leurs opérations militaires dans le Nord-Est du Nigeria contre le groupe armé Boko Haram. Le sort de milliers de personnes arrêtées par les forces nigérianes dans le Nord-Est du pays demeure inconnu. À ce jour, les autorités nigérianes n’ont pas mené de réelles enquêtes exhaustives et indépendantes sur ces crimes ni déféré à la justice les responsables présumés.

Le mois dernier, Amnesty International ainsi que le Sterling Centre for Law and Development et 23 victimes et survivant·e·s ont déposé une requête auprès de la Cour de Justice de la CEDEAO pour obtenir justice, vérité et réparation pour les personnes disparues et leurs familles.

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