Somalie, L’armée américaine s’engage à déclarer publiquement les victimes civiles en Somalie

Somalia_US air strikes

Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) [2] s’engage à commencer, à partir de fin avril, à déclarer publiquement les victimes civiles liées à ses opérations militaires en Somalie, en Libye et ailleurs en Afrique.

« Nous saluons ce pas en avant, bien tardif toutefois, en vue d’apporter justice et de rendre des comptes pour les victimes des frappes aériennes américaines et leurs proches en Somalie et ailleurs sur le continent. Il est choquant que l’AFRICOM ne prenne ces mesures qu’après plus de dix ans de frappes aériennes secrètes en Somalie, a déclaré Deprose Muchena, directeur d’Amnesty International pour l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est.

« Il est choquant que l’AFRICOM ne prenne ces mesures qu’après plus de dix ans de frappes aériennes secrètes en Somalie »

« Nous restons solidaires des familles des civils tués ou blessés par les attaques américaines, qui ont par la suite vu leurs proches qualifiés à tort de “terroristes” et dont le sort a été ignoré. La vérité doit être révélée. Ces personnes méritent que la transparence soit assurée, que des comptes soient rendus et que des réparations leur soient accordées ; des éléments que l’armée américaine n’a pas assurés à ce jour.

« Nous dénonçons les atteintes au droit international humanitaire commises par toutes les parties et continuerons de fournir à l’AFRICOM les résultats de nos recherches approfondies sur les allégations crédibles de morts et de blessés parmi les civils et de violations du droit international humanitaire. Nous continuerons également à demander des enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes sur les allégations crédibles de violations. »

Le 30 mars au soir, l’AFRICOM s’est engagé à publier des rapports trimestriels sur l’état d’avancement de ses enquêtes sur les victimes parmi les civils signalées, ce qui est déjà fait pour les opérations militaires américaines menées ailleurs dans le monde.

La déclaration de l’armée intervient quelques heures après la publication de la dernière série d’enquêtes d’Amnesty International sur les victimes parmi les civils liées aux frappes aériennes américaines en Somalie.

Amnesty International a mené des recherches sur neuf frappes aériennes américaines ayant fait au total 21 morts et 11 blessés parmi les civils, dont certaines constituent des violations manifestes du droit international humanitaire. Dans ce cadre, l’organisation a recueilli de nombreux témoignages et s’est appuyée sur des analyses d’experts d’images et de vidéos des lieux des frappes, ainsi que sur des images satellites et l’identification des armes utilisées.

En avril dernier, l’AFRICOM avait, pour la première fois depuis le début de la guerre qui dure depuis dix ans en Somalie, admis avoir tué des civils, citant le travail de plaidoyer d’Amnesty International [3] dans sa déclaration. Cependant, dans ce cas comme dans tous les autres, ni l’AFRICOM ni les autorités américaines n’ont pris contact avec les familles des personnes décédées ou ne leur ont accordé des réparations.

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