RDC, risque de bain de sang dans les mines de Fungurume

L’armée de la République démocratique du Congo (RDC) a déployé plusieurs centaines de soldats pour chasser, selon les estimations, quelque 10 000 mineurs artisanaux des mines de Tenke Fungurume (province de Lualaba, dans le sud du pays) à partir du 2 juillet.

Réagissant à ces informations [1], la directrice adjointe pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs à Amnesty International, Sarah Jackson, a déclaré :

« Compte tenu du fait que l’armée congolaise s’est souvent illustrée par un recours excessif à la force, et qu’elle n’est pas suffisamment formée pour les tâches de maintien de l’ordre, le gouvernement de la RDC doit immédiatement retirer ses forces armées de ce site afin d’éviter des homicides illégaux. Ces mineurs artisanaux essaient simplement de gagner leur vie, et il serait totalement irresponsable d’envoyer l’armée pour les chasser. »
 

Complément d’information

 
La province de Lualaba, dans le sud de la RDC, fait partie de l’ancienne province du Katanga, et il s’agit de la région la plus riche en cuivre et en cobalt du pays. Selon les estimations du gouvernement, 20 % du cobalt actuellement exporté par la RDC provient du travail des mineurs artisanaux du Katanga.
 
On dénombre quelque 110 000 mineurs artisanaux réguliers dans la région du Katanga, et le nombre de mineurs artisanaux s’élève à environ 150 000 de manière saisonnière. En raison de l’absence de zones d’exploitation artisanale autorisée, de nombreux mineurs artisanaux s’installent illégalement dans des concessions privées.
 
Le complexe minier de Tenke Fungurume, en RDC, comprend l’une des plus importantes réserves de cuivre et de cobalt à haute teneur du monde, et il est détenu par la société chinoise China Molybdenum, côté à la bourse de Hong Kong.

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