En Chine, la Belgique doit faire entendre une voix forte en faveur des droits humains

Alors que divers médias indiquent qu’une délégation belge dirigée par le Premier ministre, Alexander De Croo, sera rejointe à Pékin ce jeudi 11 janvier par la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, Amnesty International demande que la situation des droits humains en Chine soit placée au centre des échanges avec les autorités chinoises.

« La Belgique, qui préside depuis peu le Conseil de l’Union européenne, dispose d’une occasion unique de montrer au monde entier que, pour notre pays et l’UE, la défense des droits humains n’est pas un vain mot, explique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International. À l’occasion de cette visite, il est du devoir d’Alexander De Croo et de Hadja Lahbib d’exiger des autorités chinoises la fin des graves violations des droits humains dont elles se rendent coupables. »

Amnesty International appelle ainsi le Premier ministre et la ministre des Affaires étrangères à demander que cesse immédiatement le recours abusif à la législation relative à la sécurité nationale, tant en Chine continentale qu’à Hong Kong, pour cibler les défenseur·es des droits humains et les autres personnes exerçant leurs libertés fondamentales, conformément à une résolution votée par la Chambre des représentants en 2020 [1].

L’organisation a par ailleurs mis en exergue auprès des services du Premier ministre et de la ministre des Affaires étrangères les cas de plusieurs personnes dont les droits humains sont bafoués par les autorités chinoises et dont la situation est très préoccupante.

« Nous demandons à Alexander De Croo et à Hadja Lahbib de réclamer la libération de personnes injustement détenues, comme Ilham Tohti, un éminent universitaire ouïghour privé de liberté depuis près de dix ans et soutenu par une résolution de la Chambre [2], plaide Carine Thibaut. Parmi toutes ces personnes ciblées par la répression chinoise, nous pensons également à Chow Hang-Tung, avocate spécialiste des droits humains accusée d’avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong et détenue depuis près de deux ans et demi. »

« Alors que vient de débuter une année cruciale à bien des égards, la Belgique doit se montrer à la hauteur des valeurs dont notre pays et l’UE se réclament, et ainsi montrer l’exemple »

L’utilisation de la technologie, en ce compris à des fins de surveillance, d’une façon qui porte atteinte aux droits humains – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières chinoises – constitue également pour Amnesty International une source de vives préoccupations, lesquelles sont notamment partagées par la Chambre des représentants. Alors que le Premier ministre est accompagné de dirigeant·es de plusieurs entreprises belges, la nécessité pour Alexander De Croo et Hadja Lahbib d’insister sur la diligence raisonnable en matière de droits humains (conformément aux principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme) dont doivent faire preuve tant les entreprises chinoises que celles opérant en Chine apparaît comme d’autant plus impérieuse.

« Nous attendons d’Alexander De Croo et de Hadja Lahbib un soutien concret aux défenseur·es des droits humains et à la société civile, qui subissent une répression terrible en Chine. Il est également essentiel que notre Premier ministre appelle les autorités chinoises à respecter leurs obligations internationales et à mettre en œuvre les recommandations des Nations unies, notamment en mettant fin aux mesures discriminatoires frappant certaines minorités, comme les populations ouïghoures et tibétaines. Alors que vient de débuter une année cruciale à bien des égards, la Belgique doit se montrer à la hauteur des valeurs dont notre pays et l’UE se réclament, et ainsi montrer l’exemple », conclut Carine Thibaut.

Complément d’information

En Chine, depuis plusieurs années, une répression accrue cible l’espace civique et la dissidence pacifique. Les défenseur·es des droits humains continuent d’être notamment victimes d’actes d’intimidation, de manœuvres de harcèlement, de détention arbitraire, de torture et d’autres mauvais traitements.

Les autorités chinoises poursuivent également leur répréssion à l’encontre des populations ouïghoures, kazakhes et des autres minorités ethniques à majorité musulmane dans le Xinjiang, sous couvert de lutte contre le terrorisme. En 2021, Amnesty International a publié un rapport montrant que l’emprisonnement, la torture et les persécutions systématiques et de masse organisés par l’État chinois s’apparentaient à des crimes contre l’humanité. Les Tibétain·es sont par ailleurs toujours en butte à la discrimination et leurs droits à la liberté de religion et de conviction, d’expression, d’association et de réunion pacifique restent soumis à des restrictions.

À Hong Kong, les autorités continuent de formuler de vagues accusations d’atteinte à la sécurité nationale et de sédition – en vertu notamment de la Loi relative à la sécurité nationale – pour faire disparaître toute opposition politique et ériger en infractions différents types d’expression, d’association et de plaidoyer. Des journalistes, des avocat·es et des défenseur·es des droits humains ont ainsi été arrêté·es et emprisonné·es en raison de leur militantisme pacifique.

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