Interview « Dire qu’il y a un souci, ça ne suffit pas ! »

Le 22 juin, la section belge francophone d’Amnesty International a lancé la campagne #JDIWI avec pour objectif de proposer des repères clairs sur le consentement. Ciblant particulièrement les garçons et les jeunes hommes de 15 à 25 ans, #JDIWI a notamment pu compter sur les Youtubeurs GuiHome et Abdel en vrai pour mettre en évidence dix règles simples permettant de s’assurer du consentement de son·sa partenaire.

Deux mois après le lancement de la campagne, nous avons rencontré Adil, 19 ans, étudiant en sciences politiques à l’ULB et engagé auprès d’Amnesty depuis deux ans. Il a répondu pour nous à quelques questions.

Pour toi, à quoi sert la campagne #JDIWI ?

Cette campagne est dédiée à tout le monde, mais je pense que ça peut particulièrement servir à sensibiliser les jeunes. C’est un thème dont on ne parle pas beaucoup, mais qui est pourtant récurrent. Ça arrive partout et tout le temps : en soirée, au cours de voyages... Je crois qu’on peut parler de toutes ces situations du quotidien à travers cette campagne et reconnaître qu’il y a un problème. Mais dire qu’il y a un souci, ça ne suffit pas ! De mon point de vue, cette campagne apporte aussi des informations. Elles peuvent sembler basiques, mais c’est important d’en parler.

Tu as pris part à des actions dans ton école pour mettre en valeur cette thématique du consentement. Est-ce que tu peux nous en parler ?

Nous avons réalisé trois animations durant l’année 2019-2020 : une sur l’égalité hommes-femmes, une deuxième sur les agressions sexuelles et une dernière qui a pris la forme d’un théâtre d’action. Nous présentions des situations concrètes et nous demandions aux étudiant·e·s comment ils·elles auraient réagi. Au lieu d’expliquer le consentement de manière magistrale, nous avons choisi cette forme d’animation. Je trouve qu’on comprend mieux grâce à des exemples que par un débat très théorique.

Comment les garçons ont-ils réagi à ces interventions ?

Je me souviens d’une animation à laquelle j’avais participé : c’était un groupe mixte, et les garçons ont eu tendance à faire les malins au départ. Ils pensaient tout savoir et tenaient des propos que j’ai trouvé assez choquants, comme affirmer qu’une fille devait porter un maillot de bain une pièce à la plage pour ne pas être trop attirante. Mais il y avait aussi des filles qui considéraient que c’était normal de se faire siffler ou toucher dans le métro en fonction de sa tenue. Les hommes ne sont malheureusement pas les seuls à avoir des avis conservateurs sur ces thématiques. Dans ce genre de situation, le but n’est pas de critiquer tout le monde, mais de comprendre pourquoi ils et elles pensaient de cette manière-là. Le débat n’aurait pas eu de sens si on avait directement attaqué les positions de tout le monde.

Quelle est, selon toi, la meilleure manière d’aborder la question du consentement avec les jeunes ?

Prendre conscience qu’ils savent déjà beaucoup de choses et ne pas trop faire dans la théorie. Il faut les mettre dans l’action, éviter les explications trop longues. Quand on a mis en place le théâtre d’action, par exemple, ils et elles n’avaient pas le temps de réfléchir. Ça amenait beaucoup plus de naturel. Je pense que les jeunes ont aussi besoin de supports originaux et vivants : de la musique, un film, une vidéo (comme dans le cadre de la campagne #JDIWI)... Il faut qu’ils soient actifs, qu’ils puissent répondre : de cette manière, je pense qu’ils réfléchiront et qu’ils pourront trouver des solutions par eux-mêmes.

Pour plus d’informations sur la campagne et retrouver les dix règles du #JDIWI : amnesty.be/JDIWI

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