Au Bangladesh, les peuples autochtones sont depuis longtemps en butte à des persécutions et des discriminations dans divers domaines socioéconomiques et politiques. Il y a plus de 25 ans, le gouvernement du Bangladesh et le Parbatya Chattagram Jana Samhati Samiti – parti politique fondé pour défendre les intérêts des peuples autochtones des Chittagong Hill Tracts – signaient l’Accord de paix des Chittagong Hill Tracts dans le but de mettre fin aux conflits et de lutter contre les injustices systématiques dans la région. Pourtant, la situation actuelle chasse les gens de leurs villages.
La plupart des détenus Bawm ne bénéficient toujours pas d’une assistance juridique, ce qui fait que leurs chances d’être libérés sont de plus en plus incertaines. Du fait de graves difficultés financières, la plupart des familles ne peuvent pas payer les services d’un avocat et n’ont même pas déposé de demande de libération sous caution.
Après le décès en détention du détenu Lal Tleng en mai 2025, la Commission des Chittagong Hill Tracts a publié une déclaration appelant à cesser de persécuter de façon systématique la communauté Bawm.
La Commission a aussi mis en lumière le cas de Lian Thang Pui Bawm, toujours incarcéré et dont la santé se dégrade. En octobre, selon certaines informations, il avait besoin d’une transfusion sanguine. Si la Haute cour lui a au départ accordé la liberté sous caution, un autre tribunal a rendu une ordonnance de suspension, bloquant sa libération. Son dossier est désormais en cours devant la chambre d’appel, mais il est devenu difficile d’obtenir une date d’audience.
Comme celle de Lian Thang Pui, bien d’autres affaires sont suspendues et en instance devant la chambre d’appel. Il semblerait également que certains avocats aient perçu d’importantes sommes d’argent auprès des familles des victimes sans parvenir à obtenir la libération sous caution de leurs clients. De ce fait, la communauté Bawm s’est fortement endettée, et nombre de ses membres sont contraints de vendre leurs terres et leurs biens. Communauté qui n’aurait jadis pas imaginé s’adresser aux tribunaux, elle est désormais contrainte d’épuiser toutes ses ressources dans sa quête de justice, reflet tragique d’une injustice et d’une exploitation systémiques.
Actuellement, six villages – Bethel, Pankhyang, Suanlu, Faruk, Eden et Darjeeling – subissent la répression militaire dans les sous-districts de Ruma, Bandarban et Rowangchari, dans les Chittagong Hill Tracts.