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Monsieur le Procureur général,
Je vous écris pour vous faire part de mes préoccupations concernant la situation de défenseur·e·s garífunas des droits humains de l’archipel des Cayos Cochinos qui font l’objet d’une ordonnance d’expulsion de leurs terres ancestrales et de poursuites pénales pour avoir pacifiquement défendu leurs droits. Le 16 septembre, plusieurs dizaines de policiers sont arrivés par bateau pour faire appliquer une ordonnance d’« expulsion préventive ». Les autorités ont indiqué que 11 personnes faisaient également l’objet de poursuites pour des faits d’usurpation.
Deux jours auparavant, une quarantaine de défenseur·e·s garífunas de l’Organisation fraternelle noire hondurienne (OFRANEH) avaient installé un campement sur la plage Playa uva pour protester contre le tournage d’une nouvelle saison d’une émission de téléréalité qui, en les empêchant d’accéder aux zones de pêche, restreint indûment leur utilisation de leurs propres terres et menace leurs pratiques ancestrales ainsi que leurs moyens de subsistance. Les défenseur·e·s garífunas dénoncent également le fait que ces activités mettent en péril les écosystèmes locaux. Depuis, des policiers se sont rendus à plusieurs reprises au campement pour vérifier les prétendus comportements répréhensibles des protestataires.
L’ordonnance d’expulsion est contraire à l’arrêt rendu par la Cour interaméricaine des droits de l’homme en faveur de la communauté garifuna des Cayos Cochinos et aux normes du droit international relatives aux expulsions forcées. En 2025, la Cour a estimé que le Honduras avait violé le droit de cette communauté d’être consultée en vue d’un consentement préalable, libre et éclairé, et avait ordonné plusieurs mesures visant à mettre fin aux violations et à réparer les dommages déjà causés.
Ces faits s’inscrivent dans un contexte de menaces et de manœuvres d’intimidations exercées contre le peuple garífuna parce qu’il défend ses droits concernant ses terres ancestrales et demande le respect de quatre arrêts rendus par la Cour interaméricaine, notamment celui relatif aux Cayos Cochinos.
Je vous appelle à ordonner immédiatement la levée de l’ordonnance d’expulsion, à mettre fin aux poursuites pénales visant les défenseur·e·s garífunas des Cayos Cochinos, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour appliquer pleinement l’arrêt rendu en leur faveur par la Cour interaméricaine, cette décision étant contraignante pour toutes les autorités honduriennes.
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.
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