Écrire Une défenseure des droits humains exposée au risque de torture

Arrêtée le 6 octobre 2020 en raison de son militantisme pacifique, la défenseure des droits humains Pham Thi Doan Trang encourt jusqu’à 20 ans de prison. Actuellement détenue au secret, elle risque fortement de subir des actes de torture.

Auteure publiée, journaliste et organisatrice, elle œuvre sans relâche à promouvoir les droits humains et a inspiré toute une génération de militant·e·s au Viêt-Nam. Depuis quelques années, elle est la cible d’attaques et d’actes répétés de harcèlement et d’intimidation – violences fondées sur le genre, détentions arbitraires et agressions notamment.

Les autorités vietnamiennes doivent libérer Pham Thi Doan Trang immédiatement et sans condition car il s’agit d’une prisonnière d’opinion.

Née en 1978, Pham Thi Doan Trang est une défenseure des droits humains, journaliste et auteure de Hanoï, au Viêt-Nam. Elle a été arrêtée dans un appartement à Ho Chi Minh-Ville dans la nuit du 6 octobre 2020. Les autorités ont par la suite confirmé qu’elle était inculpée au titre de l’article 117 du Code pénal vietnamien, qui réprime « la fabrication, la conservation, la diffusion ou la propagation d’informations, de documents et d’articles contre la République socialiste du Viêt-Nam ». Si elle est déclarée coupable, elle risque jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.

Pham Thi Doan Trang a écrit et publié des livres traitant de sciences politiques et de l’évolution politique contemporaine du Viêt-Nam. En outre, elle a fait des recherches et écrit de nombreux rapports sur des questions liées aux droits humains dans son pays. Elle s’est servie de son compte Facebook influent pour mettre en lumière et condamner les violations des droits humains et réclamer justice pour les victimes. En 2001, Doan Trang a débuté sa carrière de journaliste en travaillant pour le média généraliste VTC.

Ensuite, elle a continué de travailler pour plusieurs agences de presse classiques, comme VietnamNet TV, VnExpress, New Life Magazine et Ho Chi Minh City Legal Daily. Au cours de sa carrière de journaliste, pendant 10 ans, Doan Trang a travaillé sur des sujets que de nombreux journalistes évitaient du fait du climat de censure très stricte au Viêt-Nam. En 2009, elle a été arrêtée pour avoir participé à un mouvement pacifique demandant au gouvernement d’annuler un projet minier qui, selon elle et d’autres, serait nuisible pour l’environnement et l’intérêt national.

En 2014, Pham Thi Doan Trang a reçu une bourse pour étudier aux États-Unis, où elle a fait du lobbying afin de sensibiliser les législateurs américains à la situation des droits humains au Viêt-Nam. Au cours de cette même année, elle a cofondé Luat Khoa Tap Chi, magazine en ligne indépendant qui traite de questions juridiques et politiques au Viêt-Nam. Lorsqu’elle est rentrée au Viêt-Nam en 2015, elle a fondé Green Tree, organisation de la société civile opposée à la destruction de milliers de vieux arbres à Hanoï.

Lorsque la catastrophe écologique de Formosa a eu lieu, causant la mort de centaines de tonnes de poisson et mettant au chômage des milliers de pêcheurs, Doan Trang et les membres de Green Tree ont recueilli des informations sur la situation dans les zones affectées et ont par la suite publié un rapport.

Pham Thi Doan Trang a écrit de nombreux ouvrages. Pourtant, les autorités vietnamiennes contrôlent si étroitement le milieu de l’édition qu’aucun de ses livres n’a pu être imprimé via les moyens classiques dans le pays. En 2019, Doan Trang a cofondé la maison d’édition Liberal Publishing House, organisation de la société civile spécialisée dans la publication de livres censurés, particulièrement des livres interdits par le gouvernement, ainsi que d’ouvrages écrits par Doan Trang elle-même.

Pham Thi Doan Trang se heurte à un déluge incessant de menaces, de harcèlement, d’intimidation et d’agressions depuis qu’elle est rentrée des États-Unis. Depuis 2015, elle a été détenue de manière arbitraire par des agents de la sécurité publique à plus de 20 reprises, souvent pour l’interroger au sujet de son travail ou l’empêcher d’assister à des événements. En conséquence, elle a dû constamment changer de lieu pour éviter d’être arrêtée, ne restant jamais au même endroit plus d’un mois. Elle a également été torturée par la police.

En 2015, elle a été frappée par des policiers en civil alors qu’elle manifestait pacifiquement à Hanoï, ce qui lui a causé une invalidité permanente au niveau de la jambe. En 2018, alors qu’elle assistait à un concert avec d’autres militant·e·s à Ho Chi Minh-Ville, Doan Trang a été arrêtée, détenue et interrogée. La police l’a ensuite abandonnée à minuit, au beau milieu d’une route, où six hommes non identifiés l’ont soudainement agressée. Elle a subi plusieurs blessures graves qui ont nécessité une hospitalisation.

Le Viêt-Nam est l’un des pays du globe qui incarcèrent le plus de militants pacifiques en Asie du Sud-Est, où les conditions de détention dans les prisons sont très dures, en particulier pour les personnes privées de liberté pour des raisons politiques. La torture et les autres mauvais traitements, y compris la détention au secret, l’isolement cellulaire prolongé, les passages à tabac et la privation délibérée de soins médicaux, sont strictement interdits par le droit international, mais restent une pratique courante des autorités vietnamiennes

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