Écrire Il faut annuler l’expulsion d’un employé d’établissements de santé

Mamadou Konate

Mamadou Konaté, travailleur immigré originaire de Côte d’Ivoire qui vit au Canada depuis six ans, risque d’être expulsé de manière imminente, son expulsion étant programmée pour le 19 novembre. Durant la pandémie de COVID-19, il a travaillé dans des établissements accompagnant les personnes âgées fragiles. Il a contracté le coronavirus sur son lieu de travail.

En 2020, le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec ont lancé des programmes afin d’accorder le statut de résident permanent aux demandeurs·euses d’asile ayant travaillé dans les services de santé durant la pandémie de COVID-19.

Ces programmes sont discriminatoires vis-à-vis de certains types de personnels des services de santé, comme les agents d’entretien, ce qui est le cas de Mamadou Konaté.

Au lieu de l’expulser, le gouvernement devrait veiller à ce que ses programmes visant à régulariser ceux qui ont travaillé dans les établissements de santé durant la pandémie soient conformes à ses obligations envers tous les travailleurs·euses immigrants essentiels, sans discrimination.

Mamadou Konaté est un travailleur immigré originaire de Côte d’Ivoire. En plein pic de pandémie de COVID-19, il a travaillé dans des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée accompagnant les personnes âgées fragiles, pendant ces mois de crainte et de désarroi, participant pleinement à l’effort collectif du Canada contre le virus. Pourtant, à peine un an et demi plus tard, le sort de Mamadou Konaté est incertain tandis que pèse sur lui une menace d’expulsion imminente, lors même qu’il détient un permis de travail temporaire valide jusqu’en 2022. Selon son témoignage, il craint de retourner en Côte d’Ivoire, car les conditions ne sont pas sûres pour son retour dans un pays qu’il a fui en 2016, sa vie ayant été menacée. Mamadou Konaté a indiqué qu’après avoir subi les conséquences de la guerre (violences physiques, syndromes post-traumatiques, déracinement), il ne se sent pas en sécurité pour retourner dans son pays.

En décembre 2020, le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec ont lancé des programmes spéciaux visant à régulariser le statut des demandeurs·euses d’asile ayant travaillé dans des services de santé durant la pandémie de COVID-19 et à ouvrir la voie à la résidence permanente.

Ces programmes sont discriminatoires vis-à-vis de certains types de personnels des services de santé, comme les agents d’entretien, ce qui est le cas de Mamadou Konaté. L’objectif déclaré de ces programmes est de reconnaître la contribution d’un grand nombre de travailleurs migrants essentiels durant la pandémie. Dans la réalité, ils ne ciblent que les demandeurs d’asile ayant occupé certains postes, pendant des heures et des semaines précises, et uniquement au cours de la première vague de COVID-19. Du fait des critères d’éligibilité restreints de ces programmes, des personnes comme Mamadou Konaté, qui ont effectué des tâches de nettoyage et d’entretien, n’ont pas pu bénéficier de la régularisation.

Les agents d’entretien dans les établissements de santé sont dans une situation particulièrement exposée, en première ligne de la pandémie de COVID-19. Les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur le rationnement des équipements de protection individuelle (EPI) soulignent que les agents de nettoyage et d’entretien devraient en fait avoir plus d’EPI que bien d’autres membres du personnel hospitalier, dont les médecins et les infirmières et infirmiers qui n’ont pas de contact direct avec les patients atteints du COVID-19. Les agents de nettoyage qui entrent dans les chambres de ces patients devraient porter un masque médical, une blouse de protection, des gants ultra-résistants, une visière et des bottes. Or, les agents de nettoyage et d’entretien sont parmi les moins bien protégés dans les établissements de santé.

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté jouit de l’autorité nécessaire pour accorder le statut de résident permanent à Mamadou Konaté au titre de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.

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