De nombreuses communautés du delta du Niger, à l’instar de celle de Bille, se retrouvent contraintes de vivre sur des terres contaminées ou à proximité immédiate de celles-ci, car les compagnies pétrolières n’ont pas dûment nettoyé les sols pollués par le pétrole. Le gouvernement nigérian est tenu de protéger les habitant·e·s de Bille contre les fuites de méthane potentiellement mortelles, y compris si elles sont causées ou favorisées par des acteurs privés, tels que les compagnies pétrolières.
Dans son rapport publié en 2023 sous le titre Nigeria : Tainted sale ?, Amnesty International mettait en évidence les inquiétudes concernant le mauvais état de certaines infrastructures des compagnies pétrolières, ainsi que les éventuelles répercussions sur tout un éventail de droits, notamment le droit à la santé et le droit à un environnement sûr, propre, sain et durable.
Amnesty International soutient les habitant·e·s de Bille et d’une autre communauté, Ogale, depuis plus de 10 ans, depuis que leurs moyens de subsistance ont été détruits et leurs maisons endommagées par des centaines de déversements d’hydrocarbures. La pollution a causé des dégâts immenses sur l’environnement local, tuant les poissons et les végétaux, et a privé des milliers de personnes d’un accès à l’eau potable. Ces communautés ont porté leur plainte devant les tribunaux britanniques contre la compagnie pétrolière, Shell Plc. L’entreprise a nié ces allégations. Un procès dans le cadre de cette affaire doit débuter en 2027.
En tant que gaz à effet de serre, le méthane (gaz fossile) contribue au réchauffement climatique. Il représente environ 25 % des émissions mondiales actuelles liées au réchauffement. Aussi le gouvernement nigérian devrait-il également s’engager à mettre en place des stratégies nationales visant à sortir des énergies fossiles, conformément à ses obligations internationales (telles que prévues par l’Accord de Paris).