Écrire Un membre de la tribu Shuhuh est victime d’une disparition forcée

Le Service de sécurité intérieure (SSI) d’Oman soumet Masoud Ali Abdullah al Shahi, membre de la tribu shuhuh, à une disparition forcée, un crime relevant du droit international, depuis son arrestation arbitraire le 19 décembre 2021. On ignore où il se trouve et il risque de subir des actes de torture ou des mauvais traitements.

Amnesty International prie instamment les autorités d’Oman de dévoiler où se trouve Masoud Ali Abdullah al Shahi et de le libérer immédiatement.

Masoud Ali Abdullah al Shahi, 48 ans, est membre de la tribu shuhuh. En 2020, il a perdu son travail dans une entreprise privée aux Émirats arabes unis en raison de la pandémie et est rentré dans la province de Musandam, à Oman. La tribu shuhuh vit des deux côtés de la frontière entre les Émirats arabes unis et Oman, et ses membres représentent la majorité des habitants de Musandam, appelée localement Ruus al Jibal, une enclave territoriale d’Oman. La tribu shuhuh et la province de Musandam ont des coutumes culturelles différentes du reste d’Oman, notamment la manière de se vêtir et les pratiques agricoles et d’élevage. Leur pratique de l’islam diffère également de la secte Ibadi, majoritaire à Oman.

On constate depuis 2015 des vagues d’arrestations arbitraires visant les habitants de Musandam, qui défendent l’histoire et la culture locales de la région, et des informations fiables font état de détentions arbitraires visant des membres de la tribu shuhuh à Musandam, depuis au moins 1991. En outre, le gouvernement a procédé à maintes reprises à des démolitions d’habitations sous prétexte que celles-ci n’étaient pas conformes aux codes de la construction. Les autorités procèdent souvent à des expropriations pour cause d’utilité publique après avoir démoli les habitations construites sur les terres concernées. Depuis septembre 2014, l’« équipe de démantèlement immédiat » du ministère des Municipalités régionales et des Ressources en eau a annoncé à au moins 15 reprises la démolition imminente ou achevée de logements et autres structures locales dans les municipalités de Dibba, Khasab et Bukha, à Musandam.

Entre mai et avril 2018, cinq hommes, tous membres de la tribu shuhuh, dont un ressortissant des Émirats arabes unis, ont été arrêtés et soumis à une disparition forcée pendant plusieurs mois. Entre août et octobre 2018, à l’issue d’un procès inique, un tribunal de Mascate a condamné ces cinq hommes à la réclusion à perpétuité pour des accusations incluant l’« usage des technologies de l’information dans le but de porter atteinte à la sécurité et à l’unité du pays et de ses territoires ». Le 17 novembre 2019, le sultan a gracié quatre des cinq prisonniers, qui ont été libérés un an plus tard. Le cinquième a été libéré en avril 2021. L’un d’entre eux s’est entretenu avec Amnesty International après sa libération et a confirmé qu’il avait été torturé.

Oman restreint fortement la liberté d’expression dans le pays, ce qui se traduit par des poursuites intentées contre des détracteurs, des militant·e·s et des manifestant·e·s pacifiques.

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