Écrire La mère d’un avocat est emprisonnée en Tchétchénie

Zarema Moussaïeva Tchétchénie

Le 20 janvier, Zarema Moussaïeva, mère d’un avocat spécialisé dans la défense des droits humains originaire de Tchétchénie (Caucase du Nord), a été enlevée dans son appartement de Nijni Novgorod (centre de la Russie) par au moins sept hommes. Ils parlaient tchétchène et conduisaient des véhicules immatriculés en Tchétchénie.

Les autorités tchétchènes ont plus tard confirmé qu’elle se trouvait en détention sous leur responsabilité, mais n’ont pas laissé ses avocat·e·s la voir.

Zarema Moussaïeva n’a commis aucune infraction et doit être libérée immédiatement.

En décembre 2021, Aboubakar Yangoulbaïev, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, a signalé que 21 membres de sa famille en Tchétchénie avaient été enlevés par des représentants des autorités locales, placés en détention secrète, soumis à des mauvais traitements et menacés - aux côtés de dizaines de membres d’autres familles, pour la plupart des parents d’exilé·e·s opposés aux autorités tchétchènes. Si la plupart des membres de la famille d’Aboubakar Yangoulbaïev ont été remis en liberté, deux se trouvent toujours en garde à vue. En janvier, il a signalé que d’autres personnes de sa famille avaient été enlevées selon le même mode opératoire. Nous n’avons pas trouvé d’informations fiables sur ces événements, y compris l’identité de toutes les personnes concernées et le sort leur ayant été réservé. En décembre 2021, Aboubakar Yangoulbaïev a lui-même été brièvement détenu à Piatigorsk (Caucase du Nord) et interrogé en tant que témoin dans le cadre d’une affaire pénale pour « justification du terrorisme » (article 205.2 du Code pénal russe), avant d’être remis en liberté.

Le 20 janvier, sa mère, Zarema Moussaïeva, a été arrêtée par la police tchétchène à Nijni Novgorod, dans le centre de la Russie, où elle vivait avec son époux, Saydi Yangoulbaïev, juge fédéral à la retraite, et leur fille. Au moins sept hommes, qui parlaient tchétchène et conduisaient des véhicules immatriculés en Tchétchénie, se sont présentés à leur appartement et l’ont emmenée de force sous le faux prétexte qu’elle devait faire une déposition en qualité de témoin dans le cadre d’une affaire pénale. Un enregistrement de vidéosurveillance rendu public depuis lors montre qu’on l’emmène dans une rue enneigée sans manteau ni chaussures. Les hommes l’ont forcée à monter dans une voiture et ont démarré.

C’est seulement le lendemain que l’on a appris où Zarema Moussaïeva avait été emmenée, lorsque les autorités tchétchènes ont confirmé qu’elle se trouvait en détention sous leur responsabilité. Elles ont affirmé qu’elle avait attaqué un policier et avait été condamnée à 15 jours de détention administrative pour « houliganisme simple ». Plus tard, les médias ont déclaré que Zarema était accusée de violences envers des policiers et serait visée par des poursuites pénales.

Zarema Moussaïeva est diabétique et son état nécessite des médicaments et des soins spécialisés, ce qui, en vertu du droit russe, devrait la dispenser d’une détention administrative. Lorsqu’elle a été appréhendée, la police ne lui a pas permis de prendre son insuline ni d’autres médicaments avec elle. On ne dispose pas d’informations fiables permettant de savoir si elle bénéficie de médicaments et de soins adéquats en détention. Les avocats engagés par sa famille et des collègues d’Aboubakar Yangoulbaïev n’ont pas été autorisés à la voir. Le 29 janvier, un membre de la police tchétchène leur a montré une lettre soi-disant écrite et signée par Zarema Moussaïeva, qui affirmait qu’elle refusait leurs services et refusait de participer à de quelconques enquête ou actes de procédure en raison de sa mauvaise santé.

Le 21 janvier, Ramzan Kadyrov, président de la république de Tchétchénie, a proféré, sur sa chaîne de réseaux sociaux hébergée par Telegram, des menaces de mort visant explicitement la famille d’Aboubakar Yangoulbaïev, qu’il accusait d’avoir « profondément meurtri l’honneur » des Tchétchènes.

Au fil des années, les autorités tchétchènes s’en sont prises à leurs opposant·e·s, mais aussi aux proches de leurs opposant·e·s en exil, et les ont forcés à présenter devant les caméras des excuses aux dirigeants tchétchènes ou les ont soumis à d’autres mesures de représailles. En 2020, Salman Tepsourkaïev (19 ans à l’époque), modérateur de 1ADAT, une chaîne Telegram très populaire et critique à l’égard des autorités tchétchènes, a été enlevé par des inconnus soupçonnés d’être des responsables tchétchènes de l’application des lois. Il est plus tard apparu dans une vidéo rendue publique sur Internet, où on peut le voir faire des excuses de ce type. On le voit aussi être soumis à des violences sexuelles. On ignore son sort et le lieu où il se trouve depuis lors. En octobre, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré la Russie responsable de la détention non reconnue du jeune homme et des actes de torture qu’il a subis, ainsi que du manquement au devoir d’enquêter sérieusement sur ces sévices (https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-212397).

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