Écrire Une militante détenue pour avoir dénoncé des actes de torture

La défenseure des droits humains de renom Li Qiaochu a été emmenée par la police le 6 février 2021, peu avant le Nouvel an lunaire.

Selon la notification de placement en détention que ses parents ont été enjoints de signer, elle pourrait être inculpée d’accusations liées à la subversion. L’arrestation de Li Qiaochu est sans doute liée à ses initiatives visant à médiatiser la torture et les mauvais traitements infligés au centre de détention du canton de Linshu.

Li Qiaochu est détenue au secret depuis un mois et les craintes sont vives qu’elle ne soit victime de torture ou d’autres mauvais traitements, car elle n’est toujours pas autorisée à communiquer avec sa famille ni l’avocat de son choix.

Li Qiaochu (李翘楚) est une militante féministe et chercheuse sur les questions liées au droit du travail. Elle s’intéresse depuis longtemps aux questions liées à l’égalité des droits des travailleurs, des femmes et d’autres membres de la société chinoise. Ses recherches couvrent des sujets tels que les politiques de protection sociale pour les retraité·e·s. Lorsque les autorités de Pékin ont délogé et expulsé la « population à faibles revenus » en 2017, Li Qiaochu a travaillé avec des bénévoles pour compiler et diffuser des informations sur les communautés les plus touchées afin d’aider les travailleurs migrants expulsés à retrouver un emploi et à se reloger à un prix abordable. Elle a également participé activement à diverses campagnes nationales #MeToo ; elle a rassemblé des données, rédigé des rapports et posté en ligne des messages exprimant son soutien au mouvement.

En juin 2019, les médecins lui ont diagnostiqué une dépression et elle a dû suivre un traitement régulier. Toutefois, elle n’a pas stoppé ses activités militantes. Avec l’arrivée de l’épidémie de COVID-19, elle s’est portée volontaire pour aider en ligne et sur le terrain à faire de la prévention. Elle a distribué des masques aux éboueurs et a fourni des conseils à des femmes enceintes au sein des populations touchées pour qu’elles s’entraident. Ayant observé l’absence de prise en compte des questions de genre, notamment en matière de prévention des violences fondées sur le genre, dans les pratiques de certains hôpitaux, elle a immédiatement travaillé avec un groupe de bénévoles pour mettre en place des recommandations.

Conséquence de ces activités militantes, elle a souvent été la cible de harcèlement policier. Début décembre 2019, des agents de la sécurité publique se sont postés devant son domicile et l’ont surveillée lors de ses trajets pour se rendre à son travail et en revenir, bafouant ainsi gravement ses droits à la vie privée et à la liberté de circuler.

Le 31 décembre 2019, Li Qiaochu a été convoquée par la police et a été détenue au Bureau de la Sécurité publique de Pékin pendant 24 heures. Durant sa détention, la police aurait refusé de lui dispenser des soins médicaux adaptés. Comme la plupart des questions étaient liées à Xu Zhiyong, Li Qiaochu a décidé de révéler sur Internet le traitement que lui a réservé la police et a demandé à la population de s’intéresser davantage aux autres personnes détenues en lien avec les rencontres à Xiamen. Ainsi, elle a été arrêtée le 16 février 2020 et détenue au secret dans le cadre d’une « résidence surveillée dans un lieu désigné » avant d’être libérée sous caution le 19 juin 2020.

Depuis le 26 décembre 2019, la police à travers le pays convoque et détient les avocats et les militants qui ont participé à une rencontre informelle à Xiamen au début de ce mois de décembre. Ding Jiaxi et Xu Zhiyong ne sont que deux des nombreux participants détenus et actuellement inculpés pour des faits de subversion.

Le 6 février 2021, Li Qiaochu a envoyé deux tweets et dévoilé les plaintes qu’elle a déposées contre les mauvais traitements et les conditions inadaptées dans le centre de détention du canton de Linshu. Peu après, elle a reçu un appel d’un policier de Pékin qui lui a demandé de sortir de chez elle pour « discuter » ; elle a alors été interpellée brusquement par les policiers de Shandong et conduits dans la ville de Linyi. Li Qiaochu se trouve actuellement en quarantaine à l’hôpital local de Linyi, après quoi elle devrait être transférée au centre municipal de détention de la ville.

J'agis

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Monsieur le Directeur,

Je vous écris afin de vous faire part de ma vive inquiétude pour Li Qiaochu (李翘楚), détenue au secret depuis qu’elle a été emmenée par la police le 6 février 2021. D’après la notification de placement en détention que ses parents ont été enjoints de signer par la police de Pékin, elle pourrait être inculpée d’accusations liées à la subversion, uniquement pour avoir milité de manière pacifique.

Il est inquiétant d’apprendre que Li Qiaochu a été arrêtée en dehors de toute procédure régulière et qu’elle n’a pas été autorisée à consulter un avocat ni à communiquer avec sa famille. Le 19 février 2021, le Bureau municipal de la Sécurité publique de Linyi a refusé la demande de son avocat de la rencontrer.

Comme il est impossible de communiquer avec Li Qiaochu, on ignore si elle a rapidement accès à des soins médicaux réguliers et non limités. Comme elle souffre de dépression depuis juin 2019, je m’inquiète pour son bien-être physique et psychologique si elle ne reçoit pas rapidement les soins adaptés.

Li Qiaochu est une chercheuse de renom sur les droits du travail, qui milite de manière pacifique contre les violences fondées sur le genre depuis de nombreuses années. Il est très préoccupant qu’elle ait été arrêtée au motif qu’elle est soupçonnée de graves accusations, uniquement pour avoir évoqué et dénoncé des violations des droits humains.

En conséquence, je vous prie instamment de :
• libérer immédiatement et sans condition Li Qiaochu, à moins que des éléments crédibles, suffisants et recevables indiquent qu’elle pourrait avoir commis une infraction reconnue par le droit international et qu’elle ne soit jugée dans le cadre d’un procès respectant les normes internationales d’équité ;
• dans l’attente de sa libération, veiller à ce qu’elle puisse avoir des contacts réguliers et sans restriction avec sa famille et les avocats de son choix, et à ce qu’elle ne soit ni torturée, ni soumise à des mauvais traitements ;
• lui permettre de bénéficier rapidement, régulièrement et sans restriction de soins médicaux, si nécessaire ou à sa demande.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma haute considération,

LANGUES À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais, chinois
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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