Écrire Non au renvoi forcé d’un journaliste en Ouzbékistan

Le journaliste et militant Khoudoberdi Nourmatov (alias Ali Ferouz) risque d’être renvoyé de force en Ouzbékistan par la Russie. Ses amis et les personnes qui le soutiennent craignent qu’il ne soit enlevé par les forces de sécurité ouzbèkes. En cas de renvoi en Ouzbékistan, il serait menacé de graves violations de ses droits humains, notamment de torture.
Khoudoberdi Nourmatov, demandeur d’asile et journaliste ouzbek qui vit et travaille à Moscou, risque d’être renvoyé de force en Ouzbékistan au titre d’une procédure administrative accélérée. Il y serait exposé à de graves violations de ses droits humains, notamment à des actes de torture. Khoudoberdi Nourmatov écrit pour le journal indépendant Novaïa Gazeta sous le pseudonyme Ali Ferouz, et couvre des sujets tels que les droits des personnes handicapées et les droits des réfugiés et des migrants d’Asie centrale. Par ailleurs, il milite au sein d’Amnesty International depuis 2015.
Khoudoberdi Nourmatov a été arrêté par la police le 16 mars 2017 et inculpé d’infractions administratives en lien avec sa situation au regard de la législation sur l’immigration en Russie. Il est de nationalité ouzbèke mais il est né en Russie, où il a passé toute son enfance avant de déménager en Ouzbékistan. En 2009, il a été contraint de fuir ce pays après avoir été arrêté et torturé par des agents du Service ouzbek de la sécurité nationale pour avoir refusé de collaborer secrètement avec eux. Khoudoberdi Nourmatov a fait une demande d’asile temporaire en Russie et a donc le droit de rester dans ce pays tant qu’une décision n’a pas été rendue sur sa situation et qu’il n’a pas épuisé toutes les voies de recours.
Les avocats du journaliste n’ont été autorisés à le rencontrer que plusieurs heures après son arrestation et l’ont trouvé très mal en point, souffrant d’une forte fièvre. Il a été conduit à l’hôpital en ambulance, accompagné d’un de ses avocats. Soigné pour une grave infection, il est toujours hospitalisé. Après son transfert à l’hôpital dans la soirée du 16 mars, sa garde à vue a été levée à condition qu’il se présente au poste de police à la première convocation. Aucune date d’audience n’a été annoncée pour l’examen des infractions administratives dont il a été inculpé, mais ses avocats craignent qu’il ne soit convoqué devant un tribunal dans les prochains jours.
Les personnes qui se sont rassemblées devant le poste de police pour soutenir Khoudoberdi Nourmatov ont exprimé leur crainte que des agents des forces de sécurité ouzbèkes ne tentent de l’enlever. Elles ont constaté la présence d’une voiture noire banalisée, qui a quitté le poste de police peu après l’ambulance qui emmenait le journaliste à l’hôpital. Amnesty International a eu connaissance de nombreux cas de réfugiés, de demandeurs d’asile et de travailleurs migrants qui ont été enlevés en Russie par les forces de sécurité ouzbèkes, avec la complicité des services de sécurité russes.

Les recherches menées par Amnesty International montrent que des centaines de demandeurs d’asile, de réfugiés et de travailleurs migrants ont été enlevés ou renvoyés de force en Ouzbékistan par la Russie depuis 2014, en violation flagrante des obligations de ce pays aux termes du droit international. Quand elles ne sont pas allées jusqu’à se rendre complices des enlèvements, les autorités russes ont cherché d’autres moyens de contourner leurs obligations internationales, utilisant des mesures administratives, comme l’expulsion pour infractions administratives, afin de renvoyer ces personnes en Ouzbékistan, où elles courent véritablement le risque d’être torturées. Les Ouzbeks renvoyés de force dans leur pays en vertu de procédures administratives se comptent par centaines. Beaucoup ont tenté en vain de demander l’asile à la Russie. Les autorités russes continuent de prendre pour argent comptant les assurances données par leurs homologues ouzbeks selon lesquelles les personnes ainsi renvoyées ne seront pas torturées à leur retour. Par ailleurs, elles n’ont mené aucune enquête digne de ce nom sur les cas d’enlèvements de ressortissants ouzbeks en Russie qui leur ont été signalés. Pour en savoir plus, consultez les rapports Uzbekistan : Fast-track to torture : abductions and forcible returns from Russia to Uzbekistan (https://www.amnesty.org/en/documents/eur62/3740/2016/en/) et Amnesty International’s Submission to the Council of Europe Committee of Ministers : Garabayev v. Russian Federation (No.38411/02) Group of Cases (https://www.amnesty.org/en/documents/eur62/5839/2017/en/).
S’il est renvoyé en Ouzbékistan, Khoudoberdi Nourmatov risque fort, comme beaucoup d’autres avant lui, d’être détenu au secret, de subir des actes de torture ou d’autres des mauvais traitements et d’être jugé de façon inique. En cas d’incarcération, il serait exposé à une longue peine d’emprisonnement dans des conditions cruelles, inhumaines et dégradantes.
Nom : Khoudoberdi Nourmatov (dit Ali Ferouz)
Homme

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