Écrire La santé d’Alexeï Navalny n’est plus en danger, mais il demeure injustement détenu

La vie de la figure de l’opposition russe Alexeï Navalny n’est plus en danger immédiat, depuis qu’il a commencé à recevoir les soins médicaux dont il avait besoin le 23 avril. Les autorités russes refusent toujours de le libérer, malgré l’illégalité de sa détention, qui a été établie par la Cour européenne des droits de l’homme et d’autres organes internationaux.

Amnesty International continuera d’exiger la libération immédiate et sans condition d’Alexeï Navalny et de demander justice pour lui et pour les autres victimes de persécutions motivées par des considérations politiques en Russie.

Le 8 juin, Alexeï Navalny, opposant politique russe et militant anticorruption, est sorti de l’hôpital et a été ramené à la colonie pénitentiaire où il purge actuellement sa peine. Le 23 avril, il avait annoncé dans une publication sur Instagram qu’il avait commencé à bénéficier des examens et des soins médicaux dont il avait besoin et qu’il mettait fin à la grève de la faim qu’il poursuivait depuis le 31 mars. Il s’était aussi adressé à toutes les personnes qui avaient mené des actions en sa faveur, déclarant : « grâce au soutien massif de gens bien dans tout le pays et dans le monde entier, nous avons accompli d’énormes progrès ».

La santé d’Alexeï Navalny s’était gravement détériorée en prison depuis son arrestation à Moscou le 17 janvier 2021, à son retour d’Allemagne ; il avait séjourné dans ce pays le temps de se remettre d’un empoisonnement à l’agent neurotoxique de type militaire Novitchok, dont il avait été victime en août 2020. Il s’était plaint d’un manque de soins médicaux adaptés, de douleurs invalidantes dans le dos et de privation de sommeil. Le 31 mars, il avait entamé une grève de la faim, soutenu par des campagnes nationales et internationales menées en sa faveur. Les autorités avaient cependant persisté dans leur refus de lui fournir des soins médicaux adaptés et son état avait continué de se détériorer. Il a enfin pu être examiné le 23 avril dans un hôpital. Il en est sorti le 8 juin et a été transféré à la colonie pénitentiaire IK-2, dans l’oblast de Vladimir, à 100 km environ à l’est de Moscou, où il demeure détenu depuis.

Alexeï Navalny est un prisonnier d’opinion. Son emprisonnement est motivé par des considérations politiques, en représailles des critiques qu’il a émises contre les autorités russes et de ses enquêtes, qui ont révélé la corruption de certains hauts dirigeants, personnalités politiques et entrepreneurs. En 2014, il a été condamné à une peine de trois ans et six mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. La Cour européenne des droits de l’homme a statué par la suite que cette condamnation était « arbitraire et manifestement déraisonnable » (Navalny c. Russie, no 101/15, § 83, 5 mars 2018). Le 2 février, un tribunal de Moscou a ordonné l’emprisonnement d’Alexeï Navalny pour deux ans et huit mois (une peine ensuite réduite de deux mois) pour avoir « enfreint les conditions de son contrôle judiciaire ».

Des manifestations de grande ampleur, très majoritairement pacifiques, ont été organisées un peu partout en Russie en janvier et en février 2021 pour dénoncer son arrestation. Au cours de ces actions de protestation, plus de 11 000 personnes ont été arrêtées, souvent avec une force excessive. Plus de 1 000 manifestant·e·s pacifiques ont été placé·e·s en « détention administrative » à l’issue de procès iniques et détenu·e·s dans des conditions inhumaines. Un certain nombre de sympathisant·e·s de premier plan d’Alexeï Navalny et de personnes ayant collaboré avec lui, ainsi qu’un grand nombre d’autres manifestant·e·s, font aussi l’objet de poursuites pénales liées aux manifestations.

Amnesty International continuera de faire campagne pour obtenir la libération immédiate et sans condition d’Alexeï Navalny et demander justice pour lui et pour les autres victimes de persécutions motivées par des considérations politiques en Russie.

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