Écrire Soudan du Sud : Un détracteur du gouvernement a été victime d’un retour forcé et d’une détention au secret

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous dans le cadre bleu en l’adressant par email à l’ambassade du Sud-Soudan à Bruxelles : info@goss-brussels.com Nous n’avons pas trouvé d’email valide (c’est à dire qui ne nous renvoie pas d’erreur) pour contacter la présidence du Sud-Soudan.
Si vous avez twitter, interpellez le compte : @SouthSudanGov

Vous pouvez aussi personnaliser votre courrier avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il parvienne aux autorités compétentes. Veillez à ce que votre courrier soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions faire un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre mail.

Le 4 février, Morris Mabior Awikjok Bak, Sud-soudanais ayant exprimé des critiques à l’égard du gouvernement, aurait été soumis à une arrestation arbitraire par des membres armés des forces kenyanes de sécurité et un Sud-soudanais vêtu en civil, à Nairobi, au Kenya, où il réside.

On pense qu’il a été renvoyé de force à Djouba, au Soudan du Sud, et qu’il est maintenu en détention au secret dans un établissement du Service national de la sûreté.

Les autorités du Soudan du Sud doivent apporter des éclaircissements, révéler ce qui est arrivé à Morris Mabior Awikjok Bak et où il se trouve, garantir qu’il bénéficie d’un accès régulier à sa famille, à un avocat et à un médecin, et le libérer immédiatement à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction dûment reconnue par le droit international

Amnesty International a recueilli des informations sur de nombreux cas de détention arbitraire par le Service national de la sûreté (NSS) dans divers centres, où les détenus sont souvent soumis à des actes de torture et d’autres mauvais traitements ; certains sont détenus au secret sans pouvoir consulter un avocat ni communiquer avec leurs proches.

Récemment, les 3 et 4 janvier, le NSS a arrêté six professionnels des médias en relation avec une vidéo qui, diffusée sur les réseaux sociaux après une fuite, montrerait le président Salva Kiir urinant lors d’une cérémonie officielle. Deux d’entre eux ont été libérés depuis lors.
Le gouvernement sud-soudanais, principalement par le biais du NSS, exerce une surveillance des communications au moyen d’équipements achetés en Israël, et probablement avec l’aide des entreprises de télécommunication.

Le NSS mène en outre des opérations de surveillance physique grâce à un vaste réseau transfrontalier d’informateurs et d’agents infiltrés à tous les niveaux de la société et de la vie quotidienne, en surveillant les médias et les réseaux sociaux, et en obligeant les personnes qui organisent des événements publics à demander une autorisation avant la tenue de toute forme de rassemblement. Le NSS utilise ces formes de surveillance illégalement, en violation du droit au respect de la vie privé, pour procéder à des arrestations arbitraires et à des détentions illégales et piétiner la liberté de la presse et les droits à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion.

Le réseau d’espionnage du NSS s’étend à travers l’Afrique de l’Est afin d’atteindre les personnes trouvant refuge dans des pays voisins. Par exemple, le 23 janvier 2017, Dong Samuel Luak, avocat sud-soudanais spécialisé dans la défense des droits humains et ayant acquis le statut de réfugié, a été victime d’une disparition forcée à Nairobi, au Kenya.

Le lendemain, le 24 janvier 2017, Aggrey Ezbon Idri, président de la Commission des affaires humanitaires du Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan-Opposition, a lui aussi été soumis à une disparition forcée. En 2019, le Groupe d’experts des Nations unies sur le Soudan du Sud a établi que Dong Samuel Luak et Aggrey Ezbon Idri ont été renvoyés de force au Soudan du Sud à bord d’un vol commercial affrété avec l’aide de l’ambassade du Soudan du Sud au Kenya le 27 janvier 2017. Le Groupe d’experts et Amnesty International ont confirmé qu’une fois au Soudan du Sud, ils ont été placés en détention à Blue House, à Djouba. On les a ensuite emmenés ailleurs le 27 janvier 2017.

Selon le Groupe d’experts, ils ont été transférés au centre de formation du NSS, dans la ferme du président Salva Kiir à Luri, près de Djouba. Le Groupe d’experts a conclu qu’il est « fort probable » que les deux hommes ont été exécutés sur place le 30 janvier 2017. La disparition forcée et l’exécution extrajudiciaire présumée de Dong Samuel et d’Aggrey Idri, ainsi que les opérations transfrontalières du NSS ont eu un effet paralysant sur les militant·e·s du Soudan du Sud et des pays voisins.

Dong Samuel Luak et Aggrey Ezbon Idri ne sont pas les seuls Sud-soudanais ayant été enlevés au Kenya et illégalement renvoyés au Soudan du Sud. En novembre 2016, les autorités kenyanes ont illégalement expulsé James Gadet, porte-parole du Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan-Opposition (MPLS/APLS-O), vers le Soudan du Sud, où il a plus tard été condamné à mort. Le président Kiir a gracié James Gadet le 31 octobre 2018.

En décembre 2017, Marko Lokidor, gouverneur et figure du MPLS/APLS-O, a été enlevé au camp de réfugié·e·s de Kakuma, au Kenya, transféré à Djouba et placé en détention à Blue House jusqu’à sa libération le 25 octobre 2018.

Le 23 juillet 2020, Peter Biar Ajak, intellectuel sud-soudanais et président du Forum des jeunes leaders sud-soudanais, est arrivé aux États-Unis avec sa famille après avoir été forcé à se cacher pendant cinq semaines à Nairobi, au Kenya. Il avait reçu des appels téléphoniques de la part de hauts dirigeants gouvernementaux qui, selon Peter Biar Ajak, lui ont dit que des agents du NSS avaient été envoyés à Nairobi pour l’enlever ou le tuer.

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