Bonne nouvelle Libération d’une femme détenue au secret

Maury Carrero, qui avait été arrêtée arbitrairement en avril 2020 par des agents de la Direction générale du contre-renseignement militaire (DGCIM) à Caracas, a été libérée sans condition le 2 septembre parmi 110 personnes récemment graciées par le président Nicolás Maduro.

Elle a passé cinq mois en prison, inculpée au titre d’une loi antiterroriste.

Le 2 avril 2020, environ 15 membres de la DGCIM ont effectué une descente au domicile de Maury Carrero, en emportant de nombreux objets de valeur et appareils électroniques appartenant à sa famille. Ils ont indiqué à ses parents qu’ils l’emmenaient temporairement et qu’ils la ramèneraient chez elle, car son nom ne figurait pas sur l’autorisation de perquisition. Maury Carrero n’est pas rentrée chez elle ce soir-là et a passé cinq mois en détention arbitraire. Pendant sa détention, ses proches et ses avocats se sont vu refuser à plusieurs reprises le droit de la voir et de communiquer avec elle. Le premier mois, elle n’était autorisée à passer qu’un seul appel par semaine environ, très court, pendant lequel des fonctionnaires étaient présents à tout instant, et elle n’a donc pas pu parler librement et en toute sécurité de ses conditions de détention. Elle a été transférée le 14 mai à l’Institut national d’orientation pour femmes (INOF), une prison pour femmes, où les responsables ne l’ont pas autorisée à voir ses avocats et sa famille, au prétexte de l’état d’urgence mis en place dans le cadre de la pandémie de COVID-19 depuis le 13 mars 2020. Le 19 mai, elle a été inculpée par le ministère public de « dissimulation d’armes à feu » et d’« association de malfaiteurs », au titre de la Loi organique relative à la lutte contre le crime organisé et le financement du terrorisme.

Le 31 août, les autorités ont annoncé une « grâce » accordée à 110 personnes emprisonnées, libérées sous conditions, ayant demandé une protection dans des ambassades étrangères à Caracas ou ayant fui le pays. Parmi ces 110 personnes figurent plusieurs cas pour lesquels Amnesty International s’est mobilisée, dont Maury Carrero, le prisonnier d’opinion et dirigeant syndical Rubén González, le militant politique Nicmer Evans et les parlementaires Gilber Caro et Renzo Prieto. Après un délai de deux jours entre l’annonce de la grâce et son application, Maury Carrero a été libérée sans condition le 2 septembre.

Bien qu’Amnesty International rejette fermement l’idée que cette mesure induise la reconnaissance de la responsabilité pénale de Maury Carrero ou d’autres personnes, l’organisation la salue car elle accorde la liberté sans condition à de nombreuses personnes qui n’auraient jamais dû être emprisonnées ni poursuivies ou dont la liberté a été limitée par des restrictions et conditions injustes.

Amnesty International a reçu des messages émanant directement de la mère et d’amis de Maury Carrero, dans lesquels ils remercient les sympathisants pour leurs actions et leur solidarité. L’organisation remercie sincèrement toutes les personnes qui se sont mobilisées en faveur de Maury Carrero.

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