Écrire Un étudiant universitaire risque d’être torturé

L’étudiant universitaire iranien Ali Younesi est détenu de manière arbitraire depuis le 10 avril 2020. Sa famille pense qu’il est incarcéré à la prison d’Evin à Téhéran, où il n’a pas été autorisé à consulter un avocat et n’a pu passer que deux brefs coups de téléphone à sa famille.

Les autorités iraniennes n’ont pas expliqué clairement les motifs de son arrestation.

Ali Younesi est un prisonnier d’opinion ciblé uniquement en raison de ses liens familiaux et il risque d’être victime d’actes de torture et de mauvais traitements.

En réponse aux déclarations du porte-parole de la justice iranienne, selon lesquelles deux étudiants universitaires – faisant manifestement référence à Ali Younesi et Amir Hossein Moradi, l’autre étudiant arrêté – étaient en possession d’« engins explosifs » à leur domicile et étaient affiliés à des groupes « contre-révolutionnaires », Aida Younesi, la sœur d’Ali Younesi, a déclaré publiquement le 5 mai 2020 qu’« après 26 jours de détention pendant lesquels on ignore quelles horreurs vous avez infligées à mon frère [Ali], vous arrivez et vous portez ces accusations ridicules ».

En réaction à l’accusation du porte-parole, à savoir que des « engins explosifs » ont été découverts à leur domicile, Aida Younesi a ajouté que des responsables des services de sécurité leur ont assuré qu’ils n’avaient rien trouvé de suspect après avoir fouillé le domicile d’Ali Younesi. En outre, les jours qui ont suivi l’arrestation d’Ali Younesi, sa famille s’est entendue dire régulièrement qu’il allait bientôt être libéré. Le porte-parole de la justice avait aussi, sans plus d’arguments, tenté de lier ces arrestations à la pandémie de COVID-19 en affirmant : « Dans cette situation de coronavirus, c’est le complot de l’ennemi désireux de créer le chaos dans le pays. »

Ali Younesi et Amir Hossein Moradi sont des étudiants primés de l’Université de technologie de Sharif à Téhéran. Ali Younesi est lauréat de la médaille d’or et d’argent de l’Olympiade nationale d’astronomie en Iran et a remporté la médaille d’or 2018 de l’Olympiade internationale d’astronomie et d’astrophysique qui s’est déroulée en Chine. Amir Hossein Moradi a remporté la médaille d’argent de l’Olympiade nationale d’astronomie en Iran.
Les autorités iraniennes ont coutume de cibler des membres de la famille de personnes entretenant des liens réels ou présumés avec l’OIMP.

Après les émeutes qui ont éclaté au lendemain des élections de juin 2009 en Iran, les autorités ont notamment arrêté des personnes dont des proches entretenaient des liens présents ou passés avec des groupes d’opposition, notamment l’OIMP. Pour obtenir plus d’informations, veuillez consulter le document intitulé From Protest to Prison. Parmi les personnes arrêtées en 2009 figure la prisonnière d’opinion Maryam Akbari Monfared, qui purge une peine de 15 ans de prison à la suite d’une ingérence arbitraire dans sa vie privée, au sein de sa famille et dans sa correspondance, motivée par le fait qu’elle avait téléphoné et rendu visite une fois à des proches qui étaient membres de l’OIMP (cliquez ici pour obtenir plus d’informations).

Depuis que l’épidémie de coronavirus (COVID-19) en Iran a été rendue publique en février 2020, de nombreuses personnes ont fait part de leur inquiétude quant à la santé des détenus et ont réclamé la libération des prisonniers d’opinion et de toutes les personnes maintenues en détention pour des motifs à caractère politique. Les familles de prisonniers ont dit redouter que le manque de produits sanitaires et les conditions de détention déplorables n’accroissent les risques pour les prisonniers.

Les autorités judiciaires ont fait un certain nombre d’annonces sur les mesures qu’elles comptent prendre pour prévenir la propagation du COVID-19 dans les prisons – notamment libérer des prisonniers de manière temporaire et après paiement d’une caution, et accorder des grâces à certaines catégories de prisonniers.

Cependant, des centaines de prisonnières et prisonniers d’opinion sont toujours incarcérés et les autorités continuent d’arrêter des personnes pour des motifs à caractère politique.

J'agis

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Monsieur Raisi,

L’étudiant universitaire Ali Younesi, âgé de 20 ans, est détenu de manière arbitraire depuis son arrestation le 10 avril 2020 et les autorités iraniennes n’ont pas expliqué clairement les motifs de son arrestation. En revanche, elles l’ont accusé publiquement, ainsi qu’un autre étudiant arrêté le même jour, d’entretenir des liens avec des groupes « contre-révolutionnaires » et ont affirmé que des « engins explosifs » avaient été découverts à leurs domiciles, bafouant leur droit d’être présumés innocents et suscitant de vives préoccupations quant à leur situation. Ils risquent de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

Dans la soirée du 10 avril, Ali Younesi, qui se trouvait à l’université ce jour-là, a été menotté et emmené chez lui à Téhéran par 12 membres des services de sécurité en civil. Il avait le front entaillé d’une blessure ouverte, du sang sur tout le visage et des blessures sur le corps, ce qui laissait supposer qu’il avait été torturé. Des membres des services de sécurité ont perquisitionné sa maison familiale et ont emmené les parents d’Ali Younesi dans un lieu tenu secret pour les interroger pendant des heures, avant de les relâcher. Ces agents n’ont pas décliné leur identité et n’ont présenté ni mandat de perquisition, ni mandat d’arrêt.

Depuis son arrestation, Ali Younesi a été autorisé à passer deux brefs coups de téléphone à sa famille et n’a pas été autorisé à consulter un avocat. Un procureur a informé sa famille qu’il est inculpé d’avoir « procédé à des destructions », sans fournir aucune précision. Puis, le 5 mai 2020, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le porte-parole de la justice Gholamhossein Esmaili, faisant visiblement référence à Ali Younesi et à l’autre étudiant arrêté, a affirmé que deux étudiants avaient été appréhendés pour avoir été en contact avec des groupes « contre-révolutionnaires ». Il a employé un terme péjoratif pour faire référence à l’un de ces groupes – l’Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (OIMP), un groupe d’opposition basé à l’extérieur de l’Iran – en se fondant semble-t-il sur les liens passés ou présents de leurs familles avec l’OIMP, et n’a fourni aucun élément de preuve venant étayer les accusations du parquet. Dans une réponse vidéo postée sur les réseaux sociaux plus tard ce jour-là, la sœur d’Ali Younesi, Aida Younesi, a assuré que ces accusations étaient « ridicules ».

Je vous demande de libérer immédiatement et sans condition Ali Younesi et toute personne détenue de manière arbitraire uniquement sur la base des liens réels ou présumés de leur famille avec des groupes d’opposition. Dans l’attente, je vous demande de veiller à ce qu’ils soient protégés de tout acte de torture ou autres mauvais traitements, et qu’ils puissent contacter sans délai leurs familles et les avocats de leur choix, et bénéficier immédiatement des soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin. Enfin, je vous demande de mener une enquête indépendante sur les allégations selon lesquelles Ali Younesi a été torturé le jour de son arrestation, en vue de traduire en justice les responsables présumés dans le cadre d’une procédure respectant les normes internationales d’équité.

Veuillez agréer, Monsieur Raisi, l’expression de ma haute considération,

VOS APPELS : persan, anglais.. Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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