Arrêté pour ses positions pacifistes
Doctorant à l’Université Charles de Prague, Bahruz Samadov dénonce depuis plusieurs années les violations des droits humains en Azerbaïdjan et défend la paix dans le sud du Caucase. Depuis 2020, après avoir co-signé une déclaration anti-guerre, il est publiquement qualifié de « traître » par des médias d’État, des experts et des responsables en raison de ses positions anti-guerre et de ses appels au dialogue.
Le 21 août 2024, alors qu’il était de retour à Bakou depuis Prague, Bahruz Samadov a été arrêté et inculpé de « haute trahison » au titre de l’article 274 du Code pénal.
Une détention marquée par de graves violations
Pendant les deux jours qui ont suivi son arrestation, sa famille et son avocat n’ont pas pu s’entretenir avec lui. Sa demande de libération sous caution a été rejetée, tout comme celle visant à son assignation à résidence et à lui permettre de rester en contact avec ses proches pendant sa détention provisoire.
Les accusations portées contre lui sont liées à son militantisme pacifique, à son travail en faveur du dialogue avec l’Arménie et à ses critiques de l’expulsion de la population arménienne du Haut-Karabakh. Ses articles, publiés notamment par OC Media, Eurasianet et OpenDemocracy, portent sur la paix, les droits humains et le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Une santé physique et mentale gravement menacée
Alors que le parquet avait requis 16 ans de prison, Bahruz Samadov a entamé une grève de la faim de cinq jours pour protester contre cette peine. Selon sa grand-mère, il a également tenté de mettre fin à ses jours en détention, avant d’être sauvé par un codétenu. Son avocat et des militant·e·s locaux ont depuis exprimé leur vive inquiétude concernant son état de santé physique et mentale.
En février 2026, Bahruz Samadov a été transféré à la prison de haute sécurité d’Umbaki, réputée pour ses conditions de détention particulièrement difficiles. Après avoir perdu son recours contre ce transfert, qui l’éloigne de 70 kilomètres de sa grand-mère de 83 ans, Zibeyda Osmanova, son seul parent encore en vie, il a entamé une nouvelle grève de la faim.
À Umbaki, Bahruz Samadov ne peut avoir que deux conversations téléphoniques par semaine. Il n’est pas autorisé à accéder à la cour et ne peut sortir que sur un balcon d’un mètre pendant deux heures maximum par jour. Il a également été privé de télévision et de radio.
Le 27 février 2026, une équipe médicale du ministère de la Justice l’a examiné à la demande de son avocat et lui a prescrit plusieurs médicaments, qu’il n’a pourtant pas reçus pendant plus d’un mois. Aucun médecin ne l’a revu depuis février et, malgré ses demandes de médicaments, aucun représentant du Bureau du défenseur des droits ne lui a rendu visite depuis son transfert.
Condamné pour avoir défendu la paix
Les poursuites engagées contre Bahruz Samadov sont politiquement motivées et aucune preuve crédible n’a été rendue publique. Son procès s’est en grande partie tenu à huis clos : seules quelques personnes, dont sa grand-mère, des ami·es et des militant·es, ont pu assister à l’annonce de sa condamnation.
Sa condamnation, ainsi que celle de l’universitaire Igbal Abilov, à de lourdes peines d’emprisonnement sur la base d’accusations forgées de toutes pièces illustre la volonté des autorités azerbaïdjanaises de réduire au silence les voix critiques et de dissuader tout débat sur les questions politiques sensibles.
Bahruz a beaucoup à apporter à son pays, et sa place n’est pas en prison !
Signez cette pétition pour demander la libération immédiate et sans condition de Bahruz Samadov.
