Signer en ligne Chine : la répression des avocats et militants des droits humains se poursuit

Yu Wensheng et Ding Jiaxi

Cela fait cinq ans que la Chine a lancé une campagne de répression sans précédent contre les avocat·e·s et militant·e·s des droits humains dans tout le pays, entraînant l’arrestation et la détention de centaines de personnes par les agents de sécurité de l’État. Les avocats Yu Wensheng et Ding Jiaxi, ont fait les frais de cette politique autoritaire qui vise à étouffer toute contestation.

Yu Wensheng, victime d’arrestations répétées et de mauvais traitements

Yu Wensheng est un éminent avocat des droits humains, en charge d’affaires très médiatisées, dont celles des adeptes du Falun Gong et de son collègue Wang Quanzhang (qui a été libéré en avril 2020). Il a été officiellement arrêté par le Bureau de la sécurité publique de la ville de Xuzhou, dans la province de Jiangsu, le 19 avril 2018, soupçonné “d’incitation à la subversion de l’État" et "d’entrave aux devoirs des fonctionnaires". Il a déclaré à Amnesty International qu’il avait été, lors d’arrestations passées, exposé à la torture et détenu avec des condamnés à mort pendant plus de soixante jours. À l’heure actuelle, Yu Wensheng est toujours enfermé, et n’est pas autorisé à entrer en contact avec un avocat de son choix.

Ding Jiaxi et le New Citizens Movement dans le viseur des autorités chinoises

Ding Jiaxi, ancien avocat spécialiste des droits humains, fait partie d’un groupe d’avocat·e·s et militant·e·s qui ont participé à un rassemblement informel organisé à Xiamen, une ville de la côte sud-est de la Chine, en décembre 2019. Nombre des participant·e·s avaient été actif·ve·s dans le passé au sein du New Citizens Movement, un réseau informel né au début des années 2010, qui visait à promouvoir la transparence du gouvernement et à dénoncer la corruption.

Depuis, les autorités chinoises convoquent et détiennent les participant·e·s au rassemblement. Le 19 juin dernier, la famille de Ding Jiaxi a reçu un avis d’arrestation de la police de Linyi, dans le Shandong, confirmant que ce dernier avait été officiellement arrêté pour “incitation à la subversion de l’État”. Il est actuellement enfermé au centre de détention du comté de Linyi et n’est pas autorisé, selon sa femme, à rencontrer son avocat.

Surveillance, harcèlement, intimidation, arrestation et détention contre les voix dissidentes

En mars 2020, les groupes d’experts des droits humains des Nations unies ont manifesté leur préoccupation quant au recours à la RSDL, la “résidence surveillé dans un lieu désigné”, un système de détention qui permet aux enquêteurs de détenir des individus considérés comme une menace pour la sécurité nationale, les privant de leurs droits fondamentaux et les exposant à de mauvais traitements.

Depuis la répression massive des militant·e·s des droits humains en 2015, les autorités chinoises ont recours à des accusations et des dispositions extrêmement vagues telles que “l’incitation à la subversion de l’État” pour poursuivre les avocat·e·s, journalistes, représentant·e·s d’ONG, qui constituent selon le gouvernement une menace à la sécurité nationale.

Nous devons veiller à ce que ces prisonniers d’opinion ne subissent aucun mauvais traitement, et qu’ils soient libérés immédiatement en l’absence de preuve concrète de leur culpabilité. Signez notre pétition !

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