Signer en ligne Ayman Nasser : un défenseur des droits humains en détention administrative

DÉTENU SANS INCULPATION NI JUGEMENT Ayman Nasser, coordonnateur du service juridique de l’ONG palestinienne Addameer, fait l’objet d’un ordre de six mois de détention administrative prononcé par le commandant militaire des Forces de défense d’Israël en Cisjordanie. Il est détenu sans inculpation ni jugement par les autorités israéliennes depuis le 9 septembre 2018. Le 17 septembre 2018, il avait été condamné à 6 mois de détention administrative par le commandant militaire israélien en Cisjordanie. Ordre qui expirait le 8 mars dernier. Cependant Le 10 mars, le tribunal militaire israélien d’Ofer dans les territoires palestiniens occupés (TPO) a approuvé le renouvellement de la détention administrative d’Ayman Nasser pour six mois supplémentaires. Ainsi depuis le 17 septembre 2018, Ayman Nasser est détenu sans inculpation ni jugement à la prison d’Ofer, près de Ramallah, en Cisjordanie. Sa détention devrait maintenant prendre fin le 7 septembre 2019. UNE ARRESTATION VIOLENTE Le 9 septembre, Ayman Nasser a été arrêté par les forces israéliennes lors d’une descente nocturne à son domicile, dans le village de Saffa, près de Ramallah, dans les TPO. Haleema Nasser, son épouse, a décrit l’arrestation à Amnesty International en ces termes : « Dimanche, vers 2 heures du matin, plus de 10 soldats israéliens ont fait violemment irruption dans notre maison. Ils nous ont réveillés, moi, Ayman et les enfants. Ils nous ont fait rester dans le salon pendant qu’ils fouillaient la maison. Ils nous ont pris nos cartes (...)

Ayman Nasser, 48 ans, père de quatre enfants, est titulaire d’une licence en travail social et d’une maîtrise en socio-psychologie pédagogique de l’université al Qods, à Abou Dis (est de Jérusalem). Il travaille depuis 2008 pour Addameer, où il a débuté en tant que chercheur dans le service de documentation, et où il est devenu en 2015 coordonnateur du service juridique. D’après Addameer, il a représenté l’organisation dans de nombreuses coalitions locales de défense des droits humains, notamment la Coalition contre la torture et la Coalition contre la peine de mort. Il est également le président et l’un des fondateurs du centre culturel Handalah, dans le village de Saffa, créé en 1998 pour permettre aux jeunes du village de participer à diverses activités (danse, sport, activités artistiques et éducatives).

Ayman Nasser a passé sept années de sa vie dans des prisons et des centres de détention israéliens. De 1992 à 1997, il a purgé une peine de cinq ans d’emprisonnement prononcée par un tribunal israélien, qui l’a poursuivi pour de nombreuses infractions, y compris pour appartenance au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un parti politique de gauche doté d’une branche armée, interdit par Israël. Depuis sa libération, il a été arrêté à deux reprises : le 15 octobre 2012 (il a alors été condamné, après avoir accepté de plaider coupable contre une peine réduite, à 13 mois d’emprisonnement), et le 18 septembre 2014 (il a alors passé un an en détention administrative).

Depuis le mois d’octobre 2015, les violences en Israël et dans les TPO se sont considérablement intensifiées. Comme à l’occasion d’autres périodes de regain de tension dans les TPO, les autorités israéliennes ont riposté en se livrant à des arrestations massives et en prononçant de plus en plus d’ordres de détention administrative (y compris à l’encontre de mineurs, pratique à laquelle elles avaient cessé de recourir). D’après l’organisation palestinienne de défense des droits humains Addameer, en août 2018, 456 personnes étaient retenues en détention administrative sans inculpation ni jugement, dont deux mineurs et deux membres du Conseil législatif palestinien. Israël a également pris des mesures pour restreindre la liberté d’expression à l’intérieur du pays, en recourant à des manœuvres d’intimidation et à des campagnes de dénigrement visant des organisations de défense des droits humains et leur personnel.

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