Les défenseur·es de la terre, du territoire et de l’environnement criminalisé·es au Mexique

Au Mexique, les défenseur·es de la terre, du territoire et de l’environnement sont constamment confrontés à de multiples dangers, allant de la stigmatisation, le harcèlement, les agressions physiques jusqu’aux déplacements forcés, les disparitions et les assassinats pour faire valoir leurs droits fondamentaux. Le système judiciaire pénal est utilisé de façon abusive contre eux afin de les punir et les dissuader de protester.

PROTESTER N’EST PAS UN CRIME

Le droit de manifester est un moyen fondamental pour les communautés défendant les droits à la terre et à l’environnement de faire entendre leur voix, puisque leurs revendications quant au respect de leur territoire sont souvent bafouées. Face à ces manifestations, l’État mexicain a choisi de répondre violemment en réprimant et criminalisant les défenseur·es. L’État a non seulement recours à un usage excessif de la force pour réprimer les protestations, mais aussi à une utilisation disproportionnée du système judiciaire pour sanctionner les communautés qui revendiquent leurs droits et les dissuader de manifester.

QUATRE CAS CONCRETS DE CRIMINALISATION

Le rapport “México : Tierra y ¿Libertad ? Criminalización de personas defensoras de tierra, territorio y medio ambiente” d’Amnesty International met en avant quatre cas d’utilisation du système pénal à l’encontre de groupes de défenseur·es dans trois États du Mexique : Chiapas, Yucatán et Puebla.

Deux cas prennent place dans l’État du Chiapas. Le premier est celui de la Colonia Maya à San Cristóbal de las Casas où un groupe de défenseur·es proteste contre un projet de construction dans une zone protégée qui causerait des dommages environnementaux. Un autre cas est celui de César Hernández Feliciano et José Luis Gutiérrez Hernández, défenseurs tzeltals de la région du Chilón, où ils luttent contre la construction d’une caserne de la Garde nationale sur leur territoire qui n’a pas obtenu le consentement de la communauté. Leur manifestation pacifique a été réprimée violemment par la police et les défenseur·es mis en prison.

Dans l’État de Puebla, à Zacatepec, Miguel López Vega et Alejandro Torres Chocolatl, défenseurs nahuas, ont été criminalisés sans preuves suffisantes pour s’être opposés à la construction d’un système de drainage industriel qui pollue la rivière Metlapanapa.

Dans l’État du Yucatán, dans le village de Sitilpech, Juan Diego Valencia Chan, Arturo Albornoz May, Jesús Ariel Uc Ortega, des habitants mayas, protestent contre une méga-ferme porcine qui provoque pollution et contamination de l’eau ainsi que des problèmes de santé de la population. Le campement qu’ils avaient monté devant la ferme a été démonté par la violence et des procédures judiciaires ont été engagées à leur encontre.

Dans tout le Mexique, les défenseur·es risquent la prison pour avoir défendu leurs droits et leurs terres.

STRATÉGIE DE DISSUASION

Cette criminalisation, exercée par l’État et des entités privées, a pour but de protéger des intérêts économiques qui menacent les droits humains des communautés cherchant à préserver leur environnement et leurs moyens de subsistance. En outre, la criminalisation des manifestants fait partie d’une stratégie étatique plus large convoitant la dissuasion et le démantèlement de la défense des droits de la terre, du territoire et de l’environnement.

Les autorités doivent impérativement reconnaître et mettre en valeur le travail des personnes qui défendent leurs droits et leur offrir une protection adéquate au lieu de les menacer et les criminaliser.

Signez cette pétition pour demander l’abandon des charges pénales à l’encontre des défenseur·es, l’augmentation de la protection de ces derniers et la mise en valeur de leur travail, ainsi que l’éradication de l’utilisation abusive du système pénal à leur encontre.

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