Sommaire
- Qu’est-ce qu’une COP ?
- Qu’est-ce qui est en jeu à la COP30 ?
- Pourquoi cette COP est-elle cruciale ?
- Le Brésil : pays hôte au centre de l’attention
- Que faut-il convenir lors de la COP pour limiter le réchauffement climatique et protéger les droits humains ?
- Que sont les communautés « de première ligne » et « en bordure » ?
Qu’est-ce qu’une COP ?
La COP, ou Conférence des Parties, est une réunion annuelle au cours de laquelle les États collaborent pour prendre des engagements concrets et élaborer des solutions afin de lutter contre le changement climatique. Travailler ensemble est essentiel, car le climat et l’environnement n’ont pas de frontière et les émissions des uns impactent la vie d’autres.
La COP constitue l’organe décisionnel principal de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), un traité environnemental international établi en 1994 pour mettre en place un mécanisme de négociation sur le climat et pour l’Accord de Paris de 2015.
La COP se tient chaque année dans un lieu différent. Cette année, la 30ᵉ réunion a lieu à Belém, aux portes de l’Amazonie au Brésil.

Qu’est-ce qui est en jeu à la COP30 ?
La COP30 se déroule à un moment critique. Il s’agit de la première conférence depuis que nous avons dépassé le seuil de 1,5 °C de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels, une limite établie lors de la COP21 à Paris et considérée comme essentielle pour éviter les conséquences les plus graves du changement climatique. Ce triste record souligne l’urgence d’une action ambitieuse et coordonnée.
Il est crucial de placer les droits humains au cœur des politiques climatiques pour assurer la justice climatique. Les dirigeant·es doivent s’opposer aux intérêts des entreprises et s’engager dans une sortie rapide, juste et équitable des énergies fossiles. La COP30 représente aussi une occasion de garantir que les défenseur·es des droits humains, en première ligne de la crise climatique, soient protégé·es et puissent participer de manière significative à la prise de décisions en matière de climat. Les dirigeant·es auront également l’opportunité de renforcer le financement climatique sous forme de dons, et non de prêts, afin d’aider les populations les plus touchées sans endetter davantage les pays les moins responsables du changement climatique.
Les données scientifiques sont sans appel : le changement climatique s’aggrave et les activités humaines – en particulier l’extraction, la production et l’utilisation des énergies fossiles – en sont la cause principale. Mais si nous travaillons ensemble, unis par notre humanité commune, nous pouvons créer un avenir qui garantit la justice climatique.
Pourquoi cette COP est-elle cruciale ?
Chaque COP est importante, mais les enjeux de cette année sont plus importants que jamais. Selon les prévisions des climatologues, la planète se dirige vers une hausse moyenne de 2,8 °C d’ici 2100, un scénario catastrophique pour des milliards de personnes et d’écosystèmes.
Malgré l’urgence et les recommandations des scientifiques, de nombreux gouvernements continuent de soutenir l’industrie fossile. Les efforts de l’Union européenne observés ces dernières années pour des politiques climatiques ambitieuses sont sérieusement menacés. Le Canada a assoupli ses réglementations relatives à l’extraction et au traitement des énergies fossiles. Les États-Unis se sont retirés de l’Accord de Paris et encouragent encore l’exportation de leurs combustibles fossiles et font pression sur d’autres États pour qu’ils ralentissent leurs actions en faveur du climat. Lors de la COP28 à Dubaï, ils s’étaient pourtant engagés à "transitionner hors des énergies fossiles". Cette COP pourrait permettre de savoir comment.
Face à ces contradictions, la COP30 doit marquer un tournant. Les États doivent atténuer la crise climatique en s’engageant dès maintenant dans une sortie rapide, juste et équitable des énergies fossiles qui en sont la cause principale.
Le Brésil : pays hôte au centre de l’attention
La COP30, qui se tient cette année au Brésil, représente l’occasion de mettre en lumière les effets dévastateurs du changement climatique et l’utilisation des énergies fossiles au Brésil. Le gouvernement brésilien étend son extraction de combustibles fossiles à l’ensemble du pays. Le 20 octobre, l’Agence brésilienne pour l’environnement a accordé à la compagnie pétrolière publique Petrobras une licence pour des projets d’extraction pétrolière à l’embouchure du fleuve Amazone. Cela aura de graves conséquences sur le climat et l’environnement local, constituant une menace directe pour l’eau et les sols ainsi que pour l’équilibre écologique. En plus des dommages environnementaux, l’extraction pétrolière affecterait aussi gravement les communautés traditionnelles et autochtones qui habitent dans la région, comme les populations Karipuna, Palikur-Arukwayene, Galibi Marworno et Galibi Kali’na, qui n’ont pas été consultées au sujet du projet qui touchera pourtant leurs terres.
Alors que le pays se prépare à accueillir la COP30 à Belém cette année, les efforts faits pour accélérer l’attribution de permis aux projets liés aux combustibles fossiles dans l’embouchure de l’Amazone révèlent une manifeste contradiction entre les mesures nationales du gouvernement brésilien et son rôle en tant que leader mondial de l’action climatique.

Que faut-il convenir lors de la COP pour limiter le réchauffement climatique et protéger les droits humains ?
Avec suffisamment d’ambition, les parties à la CCNUCC et à la Déclaration de Paris peuvent faire beaucoup de choses pour progresser vers la justice climatique. Les gouvernements peuvent et doivent faire bien davantage pour mettre un terme à l’expansion du secteur des énergies fossiles, qui est incompatible avec les obligations des États en matière de droits humains et avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 °C.
Les États et parties doivent également soumettre de toute urgence leur propre plan national pour le climat, qui devaient être rendues en février 2025. De façon décevante, en octobre 2025, seuls 61 pays ont soumis leur plan national. Ces plans doivent être construits autour de la protection des droits humains. Ils doivent intégrer des objectifs clairs et mesurables autour de trois priorités :
- Abandonner les énergies fossiles - s’engager à mettre en œuvre un plan complet, rapide, équitable et financé pour mettre fin à la production et à l’utilisation des combustibles fossiles tels que le charbon, le gaz et le pétrole.
- Protéger l’espace civique - donner plus de poids à la voix des activistes, des défenseur·es des droits humains et de l’environnement, en les protégeant des intimidations, du harcèlement et de la criminalisation dont ils sont trop souvent victimes. De plus, l’Amérique latine est le continent le plus dangereux au monde pour les activistes de l’environnement et du climat. On observe également une répression grandissante, notamment en France.
- Accroître considérablement le financement climatique sous la forme de subventions - provenant des pays pollueurs à revenu élevé pour permettre aux pays à faible revenu d’abandonner progressivement les énergies fossiles et de protéger leurs populations contre les impacts du changement climatique.
Que sont les communautés « de première ligne » et « en bordure » ?
Les communautés de première ligne (« frontline communities ») sont celles qui subissent de plein fouet les effets directs et indirects de la crise climatique. Certaines de ces zones sont plus susceptibles de connaître des phénomènes à évolution rapide ou lente provoqués par le changement climatique. Dans de nombreux cas, les personnes vivant dans ces communautés sont déjà marginalisées et subissent des formes croisées de discrimination culturelle, économique, sociale et raciale. C’est le cas des jeunes enfants et personnes âgées au Pakistan mais aussi des populations des îles Tuvalu et Kiribati forcées de migrer en Nouvelle-Zélande.

Les communautés en bordure (« fenceline communities ») regroupent les personnes vivant à proximité d’infrastructures industrielles, notamment dans des zones où les combustibles fossiles sont extraits, transformés et brûlés. Ces populations, souvent déjà marginalisées et racialisées, subissent directement les effets néfastes de la pollution et de la dégradation environnementale causées par les industries extractives, et vivent dans des zones « sacrifiées » aux impacts de la pollution. Il s’agit d’une forme de racisme environnemental, qui sacrifie les droits humains et le bien-être des populations au profit du gain économique. C’est le cas des communautés vivant en Equateur amazonienne et victimes des torchères de gaz.
