Afrique du Sud, il faut prendre des mesures afin de protéger les personnes atteintes d’albinisme

À la veille de la comparution au tribunal le 27 octobre du guérisseur traditionnel sud-africain Bongolethu « Dr Khehlelezi » Mzozo, au sujet d’une vidéo [2] partagée sur YouTube en avril 2023 propageant de fausses informations au sujet des personnes atteintes d’albinisme, Amnesty International et la National Albinism Task Force (groupe de travail national sur l’albinisme) demandent au gouvernement sud-africain de protéger ces personnes dans le pays contre la discrimination, l’hostilité et la violence.

Après la publication de cette vidéo, conformément à l’article 20 de la Loi n° 4 de 2000 sur la promotion de l’égalité et la prévention de la discrimination illégitime (PEPUDA), la Fondation Thembisilemadlala Albinism soutenue par la National Albinism Task Force a déposé plainte auprès du Tribunal pour l’égalité à l’encontre de Bongolethu « Dr Khehlelezi » Mzozo, faisant valoir que cette vidéo était discriminatoire et s’apparentait à un discours de haine contre les personnes atteintes d’albinisme.

« Les personnes atteintes d’albinisme ne sont pas différentes des autres. Elles ont le droit de jouir de l’ensemble des droits humains, y compris du droit de vivre à l’abri de toute discrimination et protégées contre les appels à la haine. Il est très préoccupant de constater que des personnes ayant de l’influence au sein de la société continuent de les marginaliser et de les discriminer. Le fait de perpétuer la haine et la discrimination les exposent au risque de subir des préjudices, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.

« Nous demandons à tous en Afrique du Sud de faire preuve de solidarité avec les personnes atteintes d’albinisme en condamnant et en signalant tout comportement qui s’apparente à un appel à la haine et constitue une incitation à la discrimination à leur égard » Patrick Wadula, président de la National Albinism Task Force in South Africa.

« La National Albinism Task Force in South Africa (groupe de travail national sur l’albinisme en Afrique du Sud) et Amnesty International appellent le gouvernement sud-africain à prendre des mesures immédiates afin de respecter, promouvoir et réaliser tous les droits des personnes atteintes d’albinisme et de veiller à ce que tous ceux qui bafouent ces droits rendent des comptes. Le gouvernement doit agir afin d’éradiquer la discrimination et de contrer la désinformation et les stéréotypes vis-à-vis des personnes atteintes d’albinisme.

« Nous demandons à tous en Afrique du Sud de faire preuve de solidarité avec les personnes atteintes d’albinisme en condamnant et en signalant tout comportement qui s’apparente à un appel à la haine et constitue une incitation à la discrimination à leur égard », a déclaré Patrick Wadula, président de la National Albinism Task Force in South Africa.

Complément d’information

Les 11 et 30 août 2023, le Tribunal pour l’égalité a examiné l’affaire et le président a offert aux parties la possibilité d’un règlement ou d’une médiation en dehors de la procédure judiciaire. Cette démarche a échoué. Les requérants se tournent désormais vers la Cour pour obtenir une réparation juste et équitable étant donné les préjudices et les violences qui, selon eux, sont véhiculés par le contenu de la vidéo.

En outre, ils demeurent préoccupés par les informations selon lesquelles deux personnes ont disparu dans le Kwazulu-Natal depuis la diffusion de cette vidéo, ainsi que par les actes répandus de violence, de préjudice et de discrimination à l’encontre des personnes atteintes d’albinisme en Afrique du Sud.

Elles subissent une discrimination structurelle et systémique dans toute l’Afrique australe et continuent de craindre pour leur vie au quotidien. En effet, elles sont activement pourchassées et tuées dans de nombreux pays de cette région car certaines parties de leur corps sont recherchées. Bien souvent, les tombes des personnes décédées sont endommagées et leurs dépouilles volées.

L’article 10 de la Loi n° 4 de 2000 sur la promotion de l’égalité et la prévention de la discrimination illégitime (PEPUDA) dispose que nul ne doit publier, diffuser, promouvoir ou communiquer des propos fondés sur un ou plusieurs des motifs interdits, à l’encontre de toute personne, qui pourraient raisonnablement être interprétés comme démontrant une intention claire d’être blessant, de nuire ou d’inciter à nuire, et/ou de promouvoir ou de propager la haine. La publication d’une telle expression est autorisée si l’expression est véritablement destinée à des fins de créativité artistique, d’enquête universitaire et scientifique, de reportage juste et précis ou si la publication d’une information, d’une publicité ou d’un avis est d’intérêt public.

Les organisations défendant les droits des personnes atteintes d’albinisme se réuniront au parc Gandhi à Verulam, dans le Kwazulu-Natal vendredi 27 octobre à 8 heures pour une marche de solidarité qui passera par George Superside Road jusqu’au Tribunal pour l’égalité et au tribunal de première instance de Verulam pour l’audience.

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