Amnesty placera des cerfs-volants devant le Parlement européen pour s’opposer aux renvois des Afghans

Ce mercredi 10 octobre, à l’occasion d’une rencontre entre des députés européens et la Commission des libertés civiles du Parlement européen pour débattre du renvoi des Afghans depuis l’Europe, des militants d’Amnesty International placeront devant le Parlement européen des centaines de cerfs-volants rouges, symboles des vies afghanes menacées par un renvoi forcé en Afghanistan, afin de rappeler aux responsables politiques leur devoir de protection envers les Afghans.

« En contraignant un nombre croissant de personnes à retourner en Afghanistan depuis deux ans, les gouvernements européens ont mis des dizaines de milliers de vies en danger immédiat, en violation du principe de non-refoulement, qui interdit aux États de renvoyer toute personne dans un pays où il existe un risque réel qu’elle soit victime de violations graves des droits humains  », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. Ainsi, en 2017, la Belgique a contraint plus d’une centaine d’Afghans à retourner dans un pays où aucune région ne peut être considérée comme sûre, niant la situation meurtrière constatée sur le terrain. »

Cette mobilisation aura lieu dans le cadre d’une semaine d’action européenne organisée par Amnesty International en coopération avec la plateforme citoyenne ‘Don’t Send Afghans Back’ et les ONG Save the Children et CERE (Conseil européen sur les réfugiés et les exilés).

« Cette semaine d’action devrait servir de rappel à l’Union européenne et aux gouvernements européens quant à leurs responsabilités découlant du droit international. Les dirigeants du continent ne devraient jamais abandonner ceux qui fuient les conflits et la violence, et encore moins les renvoyer vers le danger », explique encore Samira Hamidi, chargée de campagne au bureau régional pour l’Asie du Sud à Amnesty International.
Des actions similaires ont lieu toute cette semaine, du 6 au 10 octobre, à travers l’Europe, notamment en Finlande et en Autriche, où Amnesty participera à une veillée devant le ministère de l’Intérieur dans le cadre d’une campagne de la coalition de la société civile, afin de mettre un terme au renvoi forcé de personnes vers l’Afghanistan.

Complément d’information

D’après les chiffres publiés par l’ONU en juillet, l’Afghanistan est le deuxième pays le plus dangereux de la planète : 1 692 personnes ont été tuées au cours des six premiers mois de l’année 2018 – plus qu’à toute autre période comparable depuis que des statistiques ont commencé à être compilées il y a 10 ans. Au cours de la même période, on recense 3 430 blessés. En Afghanistan, depuis 2014, plus de 10 000 personnes ont été tuées ou blessées chaque année.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Kaboul n’est plus une solution de repli sûre à l’intérieur du pays pour ceux qui fuient le confit ou la persécution dans leur région d’origine.
Malgré cela, certains pays européens ont repris ou augmenté les renvois forcés de demandeurs d’asile afghans dont la demande a été rejetée.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Nicaragua : justice pour Amaya et les autres activistes persécutés

Amaya Coppens, une belgo-nicaraguayenne, et d’autres étudiants sont victimes de la répression du gouvernement. Signez la pétition !