Israël, il faut libérer Amal Nakhleh et mettre fin aux détentions arbitraires de Palestiniens

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Les autorités israéliennes doivent immédiatement relâcher Amal Nakhleh, qui a été arrêté à l’âge de 17 ans et se trouve en détention depuis 16 mois sans avoir été jugé ni même inculpé, et cesser de recourir à la détention administrative contre des Palestinien·ne·s, a déclaré Amnesty International jeudi 12 mai, avant une audience en rapport avec ce cas.

Amal Nakhleh a été placé en détention le 21 janvier 2021 sur la base d’éléments de preuve secrets examinés par des tribunaux militaires. Sa détention s’inscrit dans le recours systématique et très étendu des autorités israéliennes aux arrestations arbitraires, à la détention administrative et à la torture contre des Palestinien·ne·s, notamment des mineur·e·s.

Ces actes de répression, qui font partie de la politique de domination et de contrôle exercée par Israël sur la population palestinienne, bafouent de manière flagrante les obligations de ce pays en vertu du droit international relatif aux droits humains, et relèvent de l’apartheid, qui est un crime contre l’humanité.

« L’expérience d’Amal Nakhleh et de sa famille est représentative de ce que vivent les Palestinien·ne·s sous le système d’apartheid pratiqué par Israël. Israël utilise la détention administrative contre des Palestinien·ne·s afin de maintenir en place ce système cruel, qui privilégie les juifs israéliens et prive les Palestinien·ne·s de leurs droits les plus fondamentaux », a déclaré Saleh Higazi, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Amal Nakhleh doit être immédiatement remis en liberté. Les autorités doivent mettre fin à la répression des Palestinien·ne·s, et la communauté internationale doit garantir qu’Israël soit amené à rendre des comptes pour le crime contre l’humanité qu’est l’apartheid. »

Le 25 janvier 2021, un juge militaire israélien a approuvé un ordre de détention administrative d’une durée de six mois contre Amal Nakhleh, sur la base d’informations n’ayant pas été partagées avec son avocat ni avec sa famille. Après que son avocat a formé un recours, sa peine a été réduite à quatre mois de détention. Depuis lors, des juges militaires israéliens ont approuvé trois autres ordres de détention administrative d’une durée de quatre mois chacun. Le dernier ordre de détention en date, émis le 13 janvier 2022, doit expirer le 13 mai 2022, mais pourrait être reconduit, car il n’y a aucune limite au nombre de renouvellements pour les détentions administratives. Les tribunaux militaires israéliens bafouent systématiquement les normes d’équité des procès.

« Israël maintient actuellement au moins 550 Palestinien·ne·s en détention administrative, selon Addameer, un groupe de défense des droits des détenu·e·s palestinien·ne·s »

Le père d’Amal Nakhleh a déclaré à Amnesty International : « Nous sommes sur les nerfs. Un ordre de renouvellement de sa détention pourrait être prononcé à tout moment, jusqu’à la dernière minute, comme cela est arrivé la dernière fois. Nous avons l’impression qu’on veut jouer avec nos nerfs. Ils nous ont dit que nous pourrions aller rendre visite à Amal en prison le 18 mai. Mais ce n’est pas là-bas que nous voulons le voir. Nous voulons le voir à la maison. »

Amal Nakhleh se trouve actuellement à la prison d’Ofer, en Cisjordanie occupée. Si son ordre de détention n’est pas renouvelé, il pourrait rentrer chez lui d’ici au 17 mai.

Amnesty International demande aux autorités israéliennes de relâcher Amal Nakhleh et les autres Palestinien·ne·s maintenus en détention administrative, à titre de première étape vers l’éradication du crime contre l’humanité d’apartheid.

Amal Nakhleh souffre de myasthénie grave, une maladie chronique neuromusculaire auto-immune causant une faiblesse musculaire, qui affecte la respiration et la déglutition. Cette maladie requiert des soins médicaux constants, et ses symptômes sont aggravés par la fatigue et le stress.

Son père a ajouté : « Amal ne va pas bien. Il peut à peine avaler ou parler. La dernière fois que je l’ai vu, en février, il m’a demandé : "Papa, tu penses qu’ils vont me laisser sortir ?" Qu’est-ce que je pouvais lui répondre ? Que dire d’un système qui est arbitraire, cruel et punitif ? »

« Le gouvernement israélien doit immédiatement libérer Amal Nakhleh, afin qu’il puisse continuer ses études et recevoir les soins médicaux dont il a besoin. Le maintenir en détention dans ces conditions épouvantables constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant », a déclaré Saleh Higazi.

Complément d’information

Le 15 décembre 2021, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a rendu un avis sur l’affaire d’Amal Nakhleh, dans lequel il estimait que la détention du jeune homme était arbitraire à plusieurs égards. Le gouvernements israélien n’a pas coopéré avec le groupe de travail, en dépit de nombreuses sollicitations en ce sens.

Israël maintient actuellement au moins 550 Palestinien·ne·s en détention administrative, selon Addameer, un groupe de défense des droits des détenu·e·s palestiniens. Les détenu·e·s ont protesté contre l’utilisation de tribunaux militaires par Israël.

Le 7 mars 2022, Salah Hammouri, défenseur des droits humains et avocat d’Addameer, qui a été qualifiée d’organisation « terroriste » [1] par le ministre israélien de la Défense dans le contexte d’une attaque contre la société civile palestinienne, a été placé en détention administrative pendant trois mois.

En mars 2022, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a demandé à Israël de « mettre immédiatement fin à la pratique répandue des arrestations et détentions arbitraires, notamment des détentions administratives, de Palestinien·ne·s, en particulier de mineur·e·s. » Le Comité a aussi souligné que les détenu·e·s palestiniens, notamment ceux qui se trouvent en détention administrative, doivent bénéficier de toutes les garanties de procédure, en particulier le droit d’être informés de la raison de leur arrestation et incarcération, d’avoir accès à un avocat et d’être présentés devant un juge.

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