Syrie : Le retrait des États-Unis n’exempte pas la coalition de ses obligations envers les civils

Réagissant à la déclaration du 11 janvier 2019 de la coalition dirigée par les États-Unis annonçant qu’elle avait commencé « le processus de retrait organisé » de Syrie :

« Il est lamentable que la coalition menée par les États-Unis continue d’ignorer sa responsabilité de mener des enquêtes dignes de ce nom sur les centaines de morts parmi les civils qu’elle a provoquées à Raqqa et ailleurs, même alors qu’elle commence à se retirer de Syrie a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International.

« La coalition ignore sans vergogne les conséquences dévastatrices de sa campagne de bombardement, et pour couronner le tout, fait clairement savoir qu’elle n’a aucune intention de proposer une quelconque forme de recours ou d’indemnisation aux survivants.

« Amnesty International s’est rendue à Raqqa à de nombreuses reprises depuis que les combats ont pris fin. Pas une seule des centaines de personnes avec qui nous nous sommes entretenus sur le terrain n’a été contactée par la coalition ou n’a reçu de l’aide pour reconstruire sa vie.

« La coalition a commencé la bataille de Raqqa lorsque sa campagne militaire à Mossoul, en Irak, touchait à sa fin. L’héritage de ravages et d’impunité laissé à Mossoul aurait dû servir d’avertissement. À Mossoul également, la coalition avait fait de très nombreux morts parmi les civils et avait détruit un très grand nombre d’habitations et d’infrastructures civiles, mais avait à peine levé le petit doigt après la fin des combats.

« Si la coalition avait appris de ses erreurs en Irak, l’extrême destruction de Raqqa aurait pu être évitée. Laisser derrière elle une telle destruction généralisée pour les civils est un scandale humanitaire qui va à l’encontre des valeurs affichées par la coalition. »

Complément d’information

Le retrait américain, dont le calendrier et les détails restent inconnus, ne mettra probablement pas fin aux frappes aériennes de la coalition menée par les États-Unis en Syrie, et la vie d’autres civils sera menacée.

Amnesty International mène une enquête approfondie en partenariat avec Airwars sur l’ampleur choquante des pertes civiles résultant de quatre mois de bombardements américains, britanniques et français ayant pour objectif de chasser le groupe armé se faisant appeler État islamique (EI) de Raqqa. Les résultats de cette enquête seront rendus publics en avril 2019.

Les recherches de terrain et l’analyse d’Amnesty International depuis la fin de cette campagne militaire, en octobre 2017, ont fourni des preuves accablantes de violations manifestes du droit international humanitaire commises par la coalition dirigée par les États-Unis. Celles-ci ont conduit la coalition à revoir à la hausse son bilan des victimes civiles, qui est passé de 23 morts à plus de 100 – une augmentation de 300 %.

Dans une lettre adressée à Amnesty International en septembre 2018, le ministère américain de la Défense, dont les forces ont procédé à la majorité des raids aériens et à la totalité des tirs d’artillerie contre Raqqa, a fait clairement savoir qu’il refusait d’assumer la responsabilité pour les victimes civiles qu’il a causées. La coalition n’a pas l’intention d’indemniser les victimes et les familles des personnes tuées à Raqqa et refuse d’en dire plus sur les circonstances entourant les bombardements.

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