Zimbabwe : Il faut maîtriser les forces de sécurité et mettre fin aux arrestations post-électorales

Les autorités du Zimbabwe doivent immédiatement cesser d’arrêter et de harceler les manifestants et les passants au lendemain des violences post-électorales qui ont fait au moins six morts.

Plus de 60 personnes ont été arrêtées de manière arbitraire au cours des sept derniers jours dans le cadre de la répression que mène le gouvernement contre les partisans du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti de l’opposition, dont le leader Nelson Chamisa a contesté les résultats officiels du scrutin qui ont déclaré le président Emmerson Mnangagwa vainqueur.

«  Le président Emmerson Mnangagwa doit respecter son engagement de régler les différends politiques de manière pacifique, respectueuse et dans le cadre des limites fixées par la loi. Il doit commencer par ordonner aux forces de sécurité de stopper leur violente campagne marquée par la torture, l’intimidation et la suppression des voix dissidentes, et les arrestations massives d’opposants  », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional pour l’Afrique australe à Amnesty International.

Le 3 août, le président a annoncé la tenue d’une enquête après que la police antiémeutes a tenté d’empêcher une conférence de presse organisée par le MDC, ajoutant que chacun était libre de s’adresser aux médias.

«  Les Zimbabwéens rêvent d’un nouveau départ. Ils sont brisés et démoralisés par des décennies de terribles violations des droits humains. Plus que tout, ils veulent en finir avec les homicides illégaux, les disparitions forcées et les arrestations arbitraires qui ont marqué le régime de Robert Mugabe, et avoir la chance de vivre dans la paix et la dignité, a déclaré Deprose Muchena.

«  Les autorités doivent montrer la voie à suivre et entendre les revendications des simples citoyens qui souhaitent pouvoir exercer leur liberté d’expression et leur droit de manifester. »

Amnesty International invite les autorités à mener dans les meilleurs délais une enquête efficace sur l’homicide par l’armée de six personnes dans le sillage des élections générales du 30 juillet 2018. Plus de 20 personnes ont été blessées lorsque les soldats ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestations.

Complément d’information

Au Zimbabwe, l’élection du 30 juillet s’est déroulée dans un contexte d’intimidation, notamment de harcèlement et d’attaques ciblant les médias. Par le passé, les élections ont déjà été marquées par des violations des droits humains, recensées par Amnesty International et des observateurs électoraux. Plus de 200 personnes ont été tuées durant l’élection de 2008 dans le cadre des violences contre les opposants.

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