Liban, Stop aux arrestations arbitraires et aux passages à tabac de manifestants

Les Forces de sécurité intérieure du Liban, dont la police antiémeutes, ont utilisé une force excessive et illégale contre les manifestants dans les nuits du 14 et du 15 janvier, rouant de coups de nombreux militants et procédant à des vagues d’arrestations arbitraires de manifestants pacifiques, après deux nuits d’affrontements avec une minorité des manifestants.

« Ce à quoi nous avons assisté ces deux derniers jours, c’est une attaque inquiétante contre la liberté de réunion et d’expression. Les forces de sécurité ont frappé violemment des manifestants, les traînant dans la rue jusqu’au poste de police, les insultant et les brutalisant physiquement. Elles ont également tiré de grandes quantités de gaz lacrymogènes dans des quartiers d’habitation », a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International.

« Les actes d’une minorité de manifestants qui ont vandalisé des banques ou lancé des pierres ne sauraient justifier que les forces de l’ordre recourent à une force aussi excessive et procèdent à des vagues d’arrestation. Nous sommes très inquiets car, depuis deux jours, les forces de sécurité ont agressé au moins huit photojournalistes et cameramen, les menaçant, les frappant et détruisant leur matériel.

« Cela fait plus de 90 jours qu’ont éclaté les manifestations majoritairement pacifiques, sur fond d’échec des autorités libanaises à répondre aux revendications des manifestants et à leurs inquiétudes quant aux répercussions de la crise économique. Nous demandons aux autorités de mettre fin sur-le-champ à l’usage de la force excessive, de libérer sans délai toute personne détenue pour avoir manifesté pacifiquement et d’amener les responsables présumés de l’usage arbitraire ou abusif de la force à rendre des comptes de manière transparente et impartiale. »

Complément d’information

Selon le Comité des avocats pour la défense des manifestants au Liban, les forces de sécurité ont arrêté pas moins de 100 personnes à travers le pays, dont cinq mineurs (âgés de moins de 18 ans), depuis mardi 14 au soir.

La Croix-Rouge libanaise a signalé qu’au total 47 personnes ont été blessées dans la nuit de mercredi, dont 37 ont été conduites dans les hôpitaux voisins.

La récente escalade de violence s’est déroulée alors que les manifestants ont appelé à une « semaine de la colère », en réaction à l’aggravation de la crise économique et à l’inaction – selon eux – des autorités s’agissant de prendre des mesures efficaces pour y faire face.

Une vague de manifestations a déferlé sur le pays à partir du 17 octobre 2019 pour protester contre la classe dirigeante, accusée d’avoir conduit le Liban vers sa pire crise économique depuis le conflit armé de 1975-1990.

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