Remise de la pétition "la Belgique doit agir contre le viol" Par Sarah Loriato, chargée de campagne, et Zoé Spriet-Mezoued, coordinatrice campagnes et plaidoyer d’AIBF

remise petition viol De croo

Ce lundi 8 mars 2021, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Amnesty International a porté la voix de plus de cinquante mille personnes auprès du Premier ministre belge, Alexander De Croo, pour lui demander de s’engager à en faire beaucoup plus pour lutter contre le fléau des violences sexuelles. L’organisation, qui s’exprimait également au nom de son association partenaire SOS Viol, lui a en effet remis près de 50 600 signatures d’une pétition lancée il y a un an, demandant aux autorités belges de mieux lutter contre les violences sexuelles, qui touchent en premier lieu les filles et les femmes.

Pourquoi s’adresser au Premier ministre ? Le 5 mars 2020, Amnesty International et SOS Viol lançaient une campagne et une pétition contre les violences sexuelles en Belgique. Le lancement s’accompagnait de la publication d’un sondage réalisé par l’Institut Dedicated, révélant des chiffres plus qu’alarmants sur le viol et les violences sexuelles. L’enquête montrait notamment qu’une femme sur cinq a été victime de viol et que près d’une sur quatre a subi des relations sexuelles forcées dans le cadre du couple. Par ailleurs, le sondage révélait de nombreux stéréotypes nocifs sur le viol, plaçant encore trop souvent la responsabilité des agressions sexuelles sur les victimes, entre autres.

Douze mois et un nouveau gouvernement plus tard, il était temps de faire entendre nos recommandations auprès du Premier ministre, responsable de la réponse du gouvernement au fléau de la violence sexuelle. Cette rencontre rapide, mais hautement symbolique est intervenue après plusieurs mois de campagne, comprenant diverses rencontres de plaidoyer avant, pendant et après la création du gouvernement lors desquelles nous avons pu faire connaître et partager nos recommandations, et nous assurer qu’elles seraient prises en compte par les différents acteurs·rices politiques.

Le gouvernement belge doit faire de la lutte contre le viol une priorité

Lors de la rencontre avec M. De Croo, Amnesty International et SOS Viol ont salué les engagements pris par la secrétaire d’État à l’Égalité des genres Sarah Schlitz, et des ministres de la Justice, Vincent Van Quickenborne, et de l’Intérieur, Annelies Verlinden, dans leurs notes de politiques générales. L’organisation a néanmoins rappelé les insuffisances de la politique belge en matière de lutte contre les violences sexuelles et a souligné l’urgence d’une situation qui mérite une approche résolue, efficace et coordonnée.

Amnesty International et SOS Viol ont salué les différents plans des autorités fédérées et ont attiré l’attention du Premier ministre sur la nécessité d’assurer que le futur Plan d’action national de lutte contre toutes les formes de violence basée sur le genre (PAN) soit réalisé et mis en œuvre en coordination avec les autres niveaux de pouvoir, pour garantir une vraie cohérence de la réponse de la Belgique à la problématique des violences sexuelles.

Les recommandations de la pétition demandant à la Belgique de mieux lutter contre les violences sexuelles ont été rappelées et mises en perspective des différentes annonces et mesures déjà établies par le gouvernement.

Parmi ces recommandations, Amnesty et SOS Viol ont notamment rappelé au gouvernement la nécessité de mettre en place un PAN qui ne soit pas neutre d’un point de vue du genre, tenant compte du fait que les violences sexuelles sont subies en premier lieu par les filles et les femmes, conformément à aux exigences de la Convention d’Istanbul. Les organisations ont également souligné le coût évident de la lutte contre la violence sexuelle et l’urgence d’établir des budgets solides et clairs. Enfin, l’attention du Premier ministre a été attirée sur les lacunes relatives à l’accueil et le suivi des victimes par les professionnel·le·s de la police et de la justice, impliquant l’amélioration des poursuites judiciaires et la mise en place de formations obligatoires pour les acteurs de première ligne.

Les violences sexuelles, une véritable « pandémie » pour le Premier ministre

En réponse aux recommandations d’Amnesty International et de SOS Viol, Alexander De Croo a affirmé sa volonté de faire de la lutte contre les violences sexuelles une priorité, allant jusqu’à les comparer à une véritable pandémie. Il a souligné les difficultés que peuvent rencontrer les victimes, notamment leur de leur parcours judiciaire, lorsqu’il s’agit de collecter des preuves et d’obtenir justice. Il a annoncé une augmentation du budget consacré aux violences sexuelles, mentionnant le projet d’ouverture de 10 Centres de prise en charge des violences sexuelles d’ici à 2023.

Ces engagements devront être concrétisés dans le futur PAN. Les mesures qu’il contiendra nous permettrons de jauger la manière dont le gouvernement s’engage à lutter concrètement contre le viol et les violences, au delà des intentions.

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